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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:24

TROISIÈME PARTIE : L’irrésistible ascension de l'intégrisme islamique dans le monde arabo-musulman


 

La montée au pouvoir par la crise économique

 

 

La crise économique de 1929 porta Hitler au pouvoir. Celle de 2002-2003, combinée à l’attaque américaine sur l’Irak, fera tomber les appareils d’Etat arabo-musulmans sous la coupe des intégristes islamiques, par le vote ou la révolution. Les réseaux d’intégristes sont fin prêts.


 

Le bouc émissaire


 

La mise à feu du monde arabo-musulman est imminente. Elle sera déclenchée par la crise économique et par l’attaque américaine sur l’Irak. Attaque que les supplications des dirigeants arabo-musulmans « pro-occidentaux » adressées à la Maison Blanche n’auront pas empêchée. Ces dirigeants sont, à juste titre, obsédés par les inévitables retombées de ce conflit chez eux : à savoir l’embrasement de la rue. Ils sentent beaucoup mieux que la plupart des observateurs occidentaux, l’instabilité croissante de la « psyché » des foules arabo-musulmanes. Ils se savent sur un siège éjectable. Sans la crise économique, la haine serait endiguée par la prospérité. Mais la crise économique est bien là. Le secteur touristique est plombé en Egypte. Il est menacé en Turquie, au Maghreb. Les exportations souffrent. Le surendettement des Etats est abyssal. Le krach boursier achèvera les économies arabo-musulmanes, déjà bien fragiles.

 

Lors de la première guerre du golfe, les islamistes n’étaient pas mécontents de voir mis à mal le régime baasiste de Saddam Hussein, adepte de la laïcité. Depuis Saddam Hussein a fait un virage à 180 degrés et s’est rapproché des islamistes.

 

Le marasme actuel, en voie d’aggravation rapide, installe désespérance et frustration : une lourde atmosphère de serre où se déploient les passions collectives. Les fantasmagories enfiévrées concernant « le complot judéo-américain » prennent possession de l’imaginaire collectif musulman. Elles imputent à l’Amérique et à Israël la responsabilité des échecs et des malheurs de l’islam. L’Occident »des croisés et des juifs » est accusé de vouloir du mal aux musulmans : il est le bouc émissaire utilisé par le totalitaire islamiste, pour regrouper les foules autour du « djihad », la guerre sainte.

 

La crise de 2002-2003 portera au pouvoir les mouvements intégristes islamiste dans le monde arabo-musulman. Malgré les opposants : les mouvements laïcisants, l’importante fraction des femmes qui aspirent a l’émancipation, une grande partie des classes moyennes et des milieux d’affaires; les intégristes islamistes surferont sur des raz-de-marée électoraux, là ou des consultations électorales seront organisées. Ce qui leur fournira une éclatante légitimité politique.

 

Certains des gouvernements en place annuleront les élections, apparaissant comme des « tyrans », des « ennemis du peuple ». A défaut de consultations, les foules se soulèveront et prendront le pouvoir par la force sous la direction des réseaux intégristes. Le monde arabo-musulman connaîtra ainsi une vague de révolutions qui le balaiera de l’Atlantique au Pacifique. Ce sera la grande déferlante islamiste.


 

L’Irak attaqué : une aubaine pour les intégristes


 

La prochaine attaque sur l’Irak accélérera la marche vers le pouvoir de l’intégrisme islamique. Les Américains devront livrer de durs combats de rue. Ils devront combattre au milieu des civils irakiens. Les dommages collatéraux seront considérables. Des documents filmés ne manqueront pas de circuler dans le monde entier, qui montreront des femmes et des enfants irakiens déchiquetés par les tirs des armées occidentales. Ces images exacerberont la haine antiaméricaine des foules musulmanes. Les intégristes islamistes n’auront plus qu’à tirer les marrons du feu.

 

Alors, pourquoi les Américains s’obstinent-ils à vouloir attaquer l’Irak? Parce que celui-ci renferme la deuxième réserve de pétrole du monde. Les Américains veulent s’en emparer pour diminuer leur dépendance vis-à-vis du pétrole saoudien.


 

L’islamisme balkanique : un revolver braqué sur l’Europe


 

L’Amérique s’évertuait à enfoncer un coin (l’islam balkanique) entre l’Europe et la Russie, pour empêcher tout rapprochement politique et économique entre ces deux voisins. C’est dans ce cadre géopolitique que s’inscrivirent les guerres balkaniques de la décennie 90, qui débouchèrent sur la mise sur pied de l’Etat islamiste de Bosnie Herzégovine, relais de l’intégrisme islamiste en Europe, aux côtés de l’Albanie, qui est un foyer intégriste.

 

Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner les convictions d’Alija Ozetbegovic, « libérateur » de la Bosnie, titulaire de la Présidence collective bosniaque de 1990 à octobre 2000, date de son retrait de la vie politique. Cet homme politique adulé de l’Occident, rédigeait, publiait et rééditait en 1990, une « Déclaration Islamiste » qu’il ne renia jamais : « Il n’y a pas de paix ni de coexistence pacifique entre la religion islamique et les institutions sociales non islamiques… Il n’y a donc pas de principe de gouvernement laïc et l’Etat doit être l’expression et le soutien des concepts moraux de la religion. Le mouvement islamique doit et peut prendre le pouvoir dès qu’il est fort moralement et numériquement fort…. Dans les conditions actuelles … cette tendance implique la lutte pour la grande Fédération islamique, du Maroc à l’Indonésie et de l’Afrique tropicale à l’Afrique centrale… ». L’aide occidentale à Izetbegovic s’inscrivait dans le cadre de la constitution d’une ceinture verte (c’est-à-dire islamiste) autour de la Russie. La stratégie pro-islamiste américaine d’avant le 11 septembre s’appliqua tout particulièrement à un autre pays, l’Afghanistan. Il fallait qu’il revienne à la stabilité politique pour que la compagnie américaine Unocal et la saoudienne Delta Oil y installent des pipelines afin d’acheminer les hydrocarbures du Turkménistan vers le Sud. Les Américains s’empressèrent de reconnaître le régime des talibans lorsqu’ils prirent le contrôle de la capitale afghane le 26 septembre 1996.

 

Les pétroliers américains et saoudiens voisinent dans tous les conseils d’administration qui comptent dans la gestion de l’industrie pétrolifère.

 

Le 11 septembre, Ben Laden mit fin aux noces pétrolifères de l’Amérique et de l’islam. L’alliance islamo-américaine devenait soudain caduque.

 

Désormais, pour ses approvisionnements pétroliers, l’Amérique ne saurait dépendre des états d’âme islamiques. La cogestion américo-islamique du pétrole étant devenue impossible, les USA n’ont pas d’autre choix que de s’emparer par la force des puits de leur ex-partenaire. Ils commencent par l’Irak de Saddam. Après, des plans sont prêts pour s’emparer de l’Est de l’Arabie Saoudite (qui fait figure maintenant d’ex-alliée) où sont concentrés les gisements de pétrole de ce pays. Ensuite ce pourra être le Koweït secouru en 1991 par la coalition occidentale, et qui s’empressa de financer, aussitôt après, les Frères musulmans en Europe et aux USA et le Hamas palestinien. Sur sa lancée, le Koweït participera à la création à Lugano, du Nada Management Group, l’un des holdings d’Al-Quaïda en Europe.


 

Bifurcation imprévue


 

La crise économique, catalysant une haine antiaméricaine qui n’a cessé de croître, depuis le 11 septembre, dans le monde arabo-musulman, fera bifurquer l’histoire dans la direction opposée à celle prévue par les stratèges américains. Ce n’est pas la démocratie mais l’intégrisme islamiste qui remportera la mise.

 

La chute de Saddam et son remplacement par un problématique gouvernement démocratique irakien débouchera sur une agitation interne. L’intégrisme islamiste multipliera les actions de harcèlement contre les « troupes d’occupation », avec l’approbation d’une partie de la population irakienne, ulcérée par plus d’une décennie de blocus.


 

Naissance d’un monstre


 

L’intégrisme islamique tisse patiemment sa toile d’araignée depuis plus d’une trentaine d’années. La première manifestation spectaculaire de l’essor de l’intégrisme fut la révolution iranienne de 1979. La deuxième fut l’assassinat du président Anouar el-Sadate par les Frères musulmans hostiles aux accords de camp David. La troisième fut la prise de pouvoir au Soudan par le général Assan Ahmaed al.Béchir. La quatrième fut la résistance afghane aux Soviétiques dans les années 80.

 

C’est dans le contexte de « la revanche de Dieu » que la religion reprend vie partout dans le monde depuis le début des années 70. Les sociétés avaient le besoin de se redonner un fondement sacré. C’est là que s’est développé le renouveau islamique. Un slogan fait fureur « l’islam est la solution ». La solution à tout : la quête d’identité, de puissance et d’espoir. Il s’agit de prendre à son compte la modernité apportée par l’Occident : les sciences, la technologie, etc… mais de rejeter la culture occidentale en renouant avec l’islam comme guide de vie dans le monde moderne. « Ce retour se compare à la Réforme protestante », dit Samuel P. Huntingdon : «toutes deux sont des réactions à la stagnation et à la corruption des institutions en place, défendent un retour à une version plus pure et plus exigeante de leur religion, prêchent le travail, l’ordre et la discipline et s’adressent à des populations dynamiques… On peut faire un parallèle entre Calvin et l’ayatollah Khomeiny.. »

 

 Le fondamentalisme a grandi dans l’essor urbain galopant des dernières décennies. Les nouveaux urbains, orphelins de traditions villageoises millénaires, livrés à la détresse économique et au vide moral, ont fourni à l’intégrisme islamique ses grandes masses de manœuvres révolutionnaires. Il s’est dévoué à satisfaire leurs besoins sociaux, leur apporter sens et dignité, les nourrir, aider les chômeurs, mettre sur pied des systèmes d’entre aide depuis le jardin d’enfants et les écoles jusqu’à la tombe. Il fournit une assistance en cas de catastrophe naturelle. Il a multiplié les écoles islamistes. Il supplée ainsi aux carences souvent abyssales d’une société civile minée par la corruption.


 

Réislamisation au grand galop


 

Le renouveau de l’islam est un phénomène urbain. Les masses de manœuvre de l’intégrisme islamique sont les déshérités de l’exode urbain. Ils représentent une force gigantesque, mais qui resterait désordonnée et latente si elle n’était pas structurée par une élite. Celle-ci est composée d’esprits brillants ayant un excellent niveau d’études et tournés vers la modernité. Ce noyau dirigeant est composé d’étudiants et d’intellectuels issus des classes moyennes et même de la grande bourgeoisie. La plupart sont diplômés des grandes universités de toutes facultés.

 

Au cours des années 70, dans des pays comme l’Egypte, le Pakistan, l’Afghanistan, la première phase commença dans la fabrique des élites : le monde universitaire. Les islamistes y prirent le contrôle des syndicats étudiants. L’islamisation universitaire s’est concentrée là où se forgent les outils de la modernité et de l’action : les facultés des sciences, les instituts de technologies, les écoles d’ingénieurs.

 

Le taux de croissance annuel des sociétés musulmanes est presque partout supérieur à 2-3%. Les jeunes musulmans sont religieux quand leurs parents sont laïcs. Ils subissent l’influence de la deuxième génération : « l’indigénisation ». On pourrait croire les femmes réfractaires à ce renouveau islamique. Ce n’est pas le cas. Si une partie des femmes tourne le dos au renouveau de l’islam, d’autres, comme en témoigne le port du voile, en nombre croissant sont réceptives. L’exemple le plus frappant est la Turquie, qui fut au siècle dernier le temple de la laïcité dans le monde arabo-musulman, Les femmes de l’ancienne génération, laïques, voient creuser la distance avec leurs filles et petites filles, qui font retour à l’islam.

 

La réislamisation galope partout dans le monde : l’Iran avec la révolution en 1979; la montée du Refah turc en 1980; Sadat en 1981; le Hezbollah libanais et les attentats meurtriers contre les Américains et les Français en 1984; les actions terroristes sur le territoire français en 1985; le Hamas en Palestine qui se réclamait de l’islam et non du nationalisme arabe; etc…

 

Aussi, le radicalisme islamique se répandait comme une traînée de poudre : le Front Islamique du Salut (FIS) nouveau-né de la politique intérieure algérienne triomphait aux élections législatives de 1991. Atterré, l’Etat annulait ces élections. Au Soudan, un coup militaire en 1989 imposa un régime islamique, en Afghanistan, la défaite des troupes soviétiques fut la victoire des intégristes islamistes. Et des attentats islamistes frappèrent les pays occidentaux : sur les Twin Towers en 1993, en France en 1995, contre les ambassades américaines de Nairobi (Kenya) et Dar es Sallam (Tanzanie) en 1998, sur le navire américain USS Coole à Aden en 2000, et sur les Twin Towers et le Pentagone de 2001. Parallèlement en développement de cet islamiste radical, se déploya dans divers pays une islamisation conservatrice. Elle se manifesta par la prolifération des mosquées un peu partout, l’extension du port du voile.


 

L’Asie centrale : de Marx à Allah


 

LA chute de l’URSS a fait le lit d’une série de rebellions islamistes et irrédentistes dans le Caucase (Tchétchénie), en Asie centrale et dans les Balkans (guerres de Bosnie et du Kosovo). Ces insurrections sont financièrement et moralement soutenues, pour l’essentiel, par l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Pakistan. Une guerre de civilisation s’est ainsi installée entre les mondes slavo-orthodoxe et turco-musulman.

 

Le dynamisme de la réislamisation de l’Asie Centrale repose avant tout sur celui de la démographie. Entre 1970 et 1993 : Kazakhstan (1,1%), Kirghizstan (1,9%), Tadjikistan (2,9%), Ouzbékistan (2,6%), Turkménistan (2,5%). Le Kazakhstan est le plus faible parce que la moitié de sa population est d’origine russo-orthodoxe. La déferlante juvénile propulsa l’intégrisme islamique en Asie centrale avec l’aide inespérée fournie par la chute de l’Empire soviétique. Une fois libérées du joug communiste, les populations d’Asie centrale se rattachèrent spirituellement et culturellement à leur passé musulman. Nouvelles écoles religieuses, nouveaux centres islamiques, nombreux nouveaux imams, distribution de milliers de Coran, etc… tout cela financé par l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Pakistan.

 

Les dirigeants d’Asie centrale arrivés au pouvoir ne comprirent pas tout de suite ce qui se passait et laissèrent une complète liberté d’action aux prêcheurs étrangers. Quand ils prirent conscience de la situation, c’était déjà trop tard. Les idées fondamentalistes s’étaient largement répandues. Les gouvernements entreprirent alors de réprimer durement l’activisme islamique. La situation se radicalisa. Entre autres, une sanglante guerre civile de 1992 à 1997 au Tadjikistan fit plus de 50,000 morts. Au terme de ce conflit, naquit un gouvernement de coalition incluant le Parti de la renaissance islamique qui est modéré.

 

La stabilité de l’Asie centrale est condamnée notamment à cause du Mouvement islamique d’Ouzbékistan (MIO). L’Ouzbékistan est stratégique : c’est la plus peuplée, et la plus puissante militairement. C’est l’Ouzbékistan que les Américains avaient choisi, pour faire transiter leurs troupes et matériel vers l’Afghanistan lors de la guerre contre les talibans. Ainsi les agissements des extrémistes ouzbeks revêtent-ils une grande importance. Leurs buts sont radicaux : renverser le gouvernement de l’Ouzbékistan, dirigé par Islam Karinov.

 

En 1999, 2000, 2001, le MIO lança des guérillas contre l’Ouzbékistan de ses bases installées dans les pays voisins. Et de proche en proche, le MIO étendit son djihad à toute l’Asie centrale sous le commandement militaire d’un chef charismatique : Juma Namangani. Pour l’instant, l’objectif du MIO est la déposition des régimes en vigueur en Ouzbékistan, au Tadjikistan et Kirghizistan et l’instauration de la charia dans ces trois pays. L’aura du MIO est telle qu’elle déborde les frontières et ce parti recrute dans tous les groupes ethniques d’Asie centrale et, au delà, du Caucase à la Chine. Se sentant menacé, le Kazakhstan a renforcé ses dépenses militaires en prévision d’un affrontement à grande échelle. La puissante d’aimantation du MIO n’a pas échappé à l’Arabie Saoudite qui s’est empressée de lui apporter un généreux soutien financier. Le MIO se finance aussi par le trafic d’armes et de drogue.


 

Plus c’est anachronique, mieux cela marche


 

En plus du MIO, une seconde menace grave est apparue en Ouzbékistan. Elle est constituée par l’émergence d’une autre organisation islamique radicale, le Parti de la libération «Hizb ul-Tabir (HT) » qui emporte un immense succès auprès de la jeunesse ouzbek. Plus particulièrement celle qui a un haut niveau d’instruction. Le HT est né en 1953 en Jordanie et fut fondé par un petit groupe de Palestiniens. Centré initialement sur la question palestinienne, il connut une destinée prodigieuse : dépassant le cadre du Proche-Orient, il se mua en mouvement supranational. Il est en pleine expansion en Asie centrale. En Europe, il est aussi très influent : il fascine la deuxième génération issue de l’immigration.

 

Ce qui fait son succès, c’est que le HT souhaite unir l’Asie centrale, la province chinoise de Xinjiang (qui compte 7 millions de musulmans), puis l’ensemble de l’oumma (la communauté mondiale des musulmans) au sein d’un grand califat. Comme au premier temps du Prophète ! Cette période fut celle de l’expansion foudroyante de l’islam à travers le Moyen-Orient et l’Afrique, par le sabre et la conversion, où une véritable société musulmane a existé unie dans une foi non pervertie par les déviances ultérieures.

 

L’Empire ottoman fascine aussi le HT. Elle représente l’apogée de l’Islam. D’Istanbul le califat ottoman contrôlait, à la fin du Moyen Age, l’essentiel du monde islamique, y compris le Moyen-Orient et les Balkans. Le HT voit l’abolition du califat en 1925 comme le résultat d’un complot ourdi par le mouvement sioniste international dans le but de réduire les musulmans à l’impuissance et considère la restauration du califat comme la clé du renouveau politique de l’islam. En 1962, An Nahbani, le fondateur du HT écrivait : « l’esprit des musulmans est consumé par la situation actuelle et ne conçoit la notion de gouvernement qu’à travers les régimes démocratiques dépravés imposés aux pays musulmans…. Le but n’est pas d’établir plusieurs états, mais un seul Etat couvrant l’ensemble du monde musulman ». Le HT prévoit une montée au pouvoir en deux temps. Tout d’abord, plusieurs pays islamiques passeront sous son contrôle. Ensuite, il pourra conquérir le reste du monde musulman, qui sera alors encadré par un seul Etat, un « Etat islamique pur » où la charia régnerait sans partage.

 

Le HT déclare vouloir employer des procédés pacifiques pour accéder au pouvoir. Il exploite toutes les rancœurs, dénonce la misère intense, les bidonvilles, la construction de nouvelles Eglises orthodoxes. Il développe son influence par les mosquées et les groupes de prière. Le HT est remarquablement organisé en petites cellules secrètes et étanches de 5 à 7 membres qui se consacrent à la propagation de son message. Seul, le chef de la cellule est en rapport avec le niveau hiérarchique. Il fixe des objectifs hebdomadaires aux membres qui sont censés créer à leur tour de nouvelles cellules. Ce cloisonnement le rend difficile à infiltrer. Les polices d’Asie centrale s’y essayent et ne parviennent pas à remonter la chaîne de commandement. A Tachkent seulement, le HT compte 60,000 partisans. Il possède un magazine de parti, diffuse des textes traduits dans les langues des pays, publie des livres tel que « comment le califat fut détruit ». Il réussit très bien en Turquie, en Egypte et au Maghreb. Il se développe aussi en Afghanistan. Il multiplie les cellules en Europe, particulièrement en Allemagne et au Royaume-Uni. Le HT dispose de fonds très importants. Contrairement au MIO, le HT dit ne pas avoir recours à la violence armée et au terrorisme. Néanmoins, ses idées sont très proches du wahhabisme et son agressivité verbale est parfois extrême. Comme en témoignent les propos d’Omar Bakri Mohammed, responsable à Londres, où la totale liberté de parole est octroyée, d’un des principaux centre du HT. En 1991, il dit : « John Major est une cible légitime. Je prie Dieu pour que quelqu’un le tue », en 1999, il déclara : « Je veux voir le drapeau noir de l’islam sur Downing street ».

 

Le baby-boom islamique


 

Le MIO, le HT et les autres mouvements intégristes d’Asie centrale prospèrent sur le baby-boom islamique : sur les 50 millions d’habitants, plus de 60% ont moins de 25 ans. Les économies chancelantes sont incapables de fournir à ces jeunes les emplois et le niveau de vie dont ils ont besoin. L’intégrisme islamique est là pour leur offrir une issue : le djihad, qui libère les énergies et promet du butin, tout en galvanisant les sentiments de fierté identitaire et d’honneur liés à la réhabilitation des traditions ancestrales. Aux yeux des jeunes, l’islam est vraiment la solution.

 

Le HT ne figure pas sur la liste des organisations terroristes établie par le département d’Etat américain parce qu’il n’a jamais participé à des activités de guérilla, préférant se prononcer en faveur d’une conquête pacifique du pouvoir. HT dit n’avoir pas de relation avec Al-Qaida, le MIO ou les talibans. En fait, ces mouvements dialoguent discrètement ensemble. Al Qaida, jouant le rôle de coordinateur, a réuni, à Kaboul en septembre 2000, le HT, le MIO, les talibans, les séparatistes tchétchènes et… Ben Laden. Ils discutèrent de la meilleure façon de coopérer ensemble.


 

L’unification du monde arabo-musulman

 

 

Là où la laïcité échoua, le fanatisme religieux réussira : par la puissance d’attraction de la Oumma (la communauté de tous les musulmans), il fédérera les peuples d’Islam sous l’autorité d’un Grand Califat turc, réminiscence de la splendeur ottomane de jadis. La Turquie sera le porte-étendard de l’islam.


 

Faiblesse de l’Etat-nation en terre d’islam


 

Tous les intégristes islamistes sont réceptifs à l’idée d’un califat unifiant politiquement l’Oumma.

 

Pour des esprits occidentaux, cette idée de restauration d’un califat est surréaliste, et n’a aucune chance d’être réalisée. Ils méconnaissent la mentalité musulmane où l’Etat n’occupe pas une place aussi prépondérante qu’en Occident. Samuel Huntington dit, : « Le tribalisme et la religion, l’islam, ont joué et jouent encore, remarquait également un chercheur libyen, un rôle significatif et déterminant dans le développement social, économique, culturel et politique des sociétés et des systèmes politiques arabes. Bien évidemment, ils sont considérés comme des facteurs cruciaux façonnant et déterminant la culture politique arabe et l’esprit politique arabe ».

 

Les Etats du monde arabe n’ont jamais résolu leurs problèmes de légitimité. Ils ne sont pour la plupart que des produits arbitraires du colonialisme occidental. Leurs frontières ne coïncident généralement pas avec celle des groupes ethniques. Le Kurdistan (pays des Kurdes) recouvrant 500,000 km carrés, est écartelé entre l’est de la Turquie, le nord-ouest de l’Iran, le nord de l’Irak, la corne nord-est de la Syrie et le Caucase (Arménie et Azerbaïdjan). Une autre ethnie, celle des Berbères, qui sont les habitants autochtones du Maghreb, est répartie de la Libye à l’Atlantique et de la Méditerranée à la boucle du Niger.

 

« Ces Etats ont divisé la nation arabe », dit Huntingdon, « mais d’un autre côté, jamais un Etat panarabe n’a pu se matérialiser. En outre, l’idée d’Etat-nation souverain est incompatible avec la croyance en la souveraineté d’Allah et la primauté d’Oumma. En tant que mouvement révolutionnaire, le fondamentalisme islamique rejette l’Etat-nation au profit de l’unité d’Islam ». L’identification à la Oumma et à la civilisation islamique prise comme un tout s’est renforcée au cours des 30 dernières années. : Huntingdon cite un chercheur des années 80 : « La conscience identitaire et unitaire musulmane s’est trouvée stimulée par la décolonisation, la croissance démographique, l’industrialisation, l’urbanisation et les modifications de l’ordre économique international associées notamment à la richesse pétrolière des pays musulmans. ….Les communications modernes ont renforcé et affiné les liens entre musulmans. Le nombre de pèlerins à la Mecque s’est beaucoup accru ce qui a crée une conscience plus forte d’une identité commune chez les musulmans de la Chine au Sénégal, du Yémen au Bangladesh. Un grand nombre d’étudiants musulmans du Sud-est asiatique suivent des cours dans les universités du Moyen-Orient…. Des cassettes (audio et vidéo) répandent les sermons à travers les frontières internationales… ».

 

La progression de la conscience unitaire du monde musulman a multiplié les organisations internationales islamiques, tels qu l’OCI, l’organisation de la conférence islamique, le Congrès musulman mondial, et la Ligue mondiale musulmane.

 

Les Occidentaux ne croient pas en l’unification, même relative, du monde arabo-musulman. Ils en veulent comme preuve ses divisions passées (Irak, Pakistan, Yémen, …) et actuelles, et le maintien en place des gouvernements que les islamistes prétendent renverser. Vingt-trois ans après la révolution iranienne, aucune révolution islamique n’a éclaté ailleurs. En Algérie, l’armée a mené une contre-offensive brutale contre l’islamisme, et l’a fait reculer.. La guerre du Golfe en 1991 a assuré aux USA une suprématie militaire sans précédent au Moyen-Orient.

 

C’est méconnaître le fait que l’immersion des grands mouvements islamistes dans une forme de nationalisme laisse le champ libre à un radicalisme nouveau, sunnite, conservateur et supranational, dans son idéologie comme dans son recrutement.


 

Du butin pour les jeunes musulmans


 

Al-Quaida, le mouvement de Ben Laden, est l’expression achevée de cette tendance. Son mot d’ordre, c’est le djihad, la guerre sainte. Sa cible : l’Occident, et au premier chef, les USA. Il concentre ses efforts sur les djihads « périphériques », ceux d’Afghanistan, de Bosnie, de Tchétchénie, du Cachemire, des Philippines. Vers ces djihads disséminés sur le pourtour extérieur de la terre d’islam. Al-Quaida rameute les jeunes musulmans, les enfants de la mondialisation, qui ne se reconnaissent pas dans les luttes nationales menées pour leurs aînés. Ils mènent le combat de l’islam contre l’Occident (et ses alliés). Ils ont grandi avec l’antenne parabolique et le transport de masse : aussi voyagent-ils avec aisance. Ils vont de la banlieue parisienne aux camps d’entraînement d’Asie centrale, des beaux quartiers du Caire aux maquis du Cachemire ou dans les écoles de pilotage américaines. Les pays sous régime islamique (l’Iran, le Soudan, naguère l’Afghanistan) sont encombrés de difficultés économiques et sociales que l’instauration de la charia est impuissante à régler : ils sont une source de désillusion. Le djihad contre l’Occident, c’est tout autre chose : c’est une immense promesse de butin et un habile stratagème pour éviter de s’empêtrer dans des dissensions internes à l’islam. Rien de tel que l’ivresse des conquêtes extérieures pour résoudre les conflits internes.

 

Le mouvement vers l’unité du monde musulman se dessine très nettement. La guerre d’Afghanistan a été un formidable creuset d’où est sorti un réseau très étendu de groupes informels de vétérans ayant baroudé sur tous les fronts de la lutte intégriste. Des groupes chiites et sunnites, surmontant leurs antagonismes religieux traditionnels, se sont rapprochés, sous le parrainage de L’Iran. Ce dernier a institué une coopération militaire avec le Pakistan et le Soudan. Ces pays unissent leurs efforts pour soutenir les groupes fondamentalistes, notamment l’Algérie. Après la guerre du Golfe, Saddam Hussein a remplacé dans ses discours les termes laïcisants du baasisme à l’irakienne par une rhétorique empruntée à l’intégrisme islamique. Dès 1994, il a tissé des liens étroits avec le président du Soudan Hassan al-Turabi. En même temps. Il s’est rapproché de l’ennemi d’hier, l’Iran ainsi que de la Syrie.


 

Le glorieux passé ottoman de l’islam


 

Pour que le monde musulman parachève le processus unitaire déjà entamé, il lui reste à se doter d’un Etat phare. «… le concept de l’Oumma », explique Huntingdon, « présuppose que l’Etat-nation n’est pas légitime, et pourtant la Oumma ne peut être unifiée que sous l’action d’un Etat phare puissant qui fait défaut actuellement. …la conquête arabe ….au VIIième siècle a culminé dans le califat omeyyade qui avait pour capitale Damas, … au VIIIième siècle par le califat abbasside basé à Damas sous influence perse,…au Xième siècle….les Turcs ottomans ….et établissant un nouveau califat en 1517 (Constantinople). La montée en puissance de l’Occident a laissé l’Empire ottoman……sans Etat phare. Ses territoires se sont retrouvés, en grande partie divisés entre les puissances occidentales. Et lorsqu’elles se sont retirées, elles ont laissé derrière elle des Etats fragiles formés sur le modèle occidental aux traditions de l’islam….. Un état phare islamique doit posséder les ressources économiques, la puissance militaire, les compétences d’organisation et l’identité et l’engagement islamiques pour conférer à la Oumma une suprématie politique et religieuse ».


 

La Turquie surplombe ses rivaux musulmans


 

Six Etats musulmans ambitionnent plus ou moins d’être le chef de file de l’islam. Lequel, d’entre eux, est-il sur le point d’émerger comme Etat phare de l’islam, à la faveur de la crise économique et de la Troisième guerre mondiale?

 

L’Indonésie, le plus grand pays par la superficie, avec 212,2 millions d’habitants, a un développement très rapide qui s’inscrit dans la dynamique asiatique. Elle souffre d’un handicap rédhibitoire : elle est située à la périphérie de l’islam, très loin de ses centres arabes.

 

Aux antipodes de l’Indonésie, il y a l’Egypte, 68,5 millions d’habitants, avec un emplacement central et stratégique au Moyen-Orient. Le Caire s’enorgueillit de la principale institution d’enseignement islamique, fondée en 970, par le califat fatimide. Mais l’Egypte pêche par son économie axée sur le tourisme, ce qui la rend dépendante de l’aide des USA et des institutions internationales contrôlées par l’Occident, avec en plus les subsides accordés par les pays arabes producteurs de pétrole.

 

L’Iran cumule tous les éléments de la puissance requis pour être un Etat phare islamique. Grande superficie, 67,7 millions d’habitants, avec une situation géographique centrale pour l’islam, les traditions historiques, les ressources pétrolières et le niveau de développement économique. Mais son handicap est à la mesure de sa puissance : il est chiite, alors que 90% des musulmans sont sunnites.

 

Le Pakistan, voisin de l’Iran, est un poids lourd avec sa superficie, ses 156,5 millions, et sa puissance militaire conventionnelle et nucléaire. Il détient une légitimité religieuse, par son prosélytisme islamique très agressif et ses efforts pour développer la coopération entre états musulmans. Mais c’est un pays pauvre et travaillé par des divisions ethniques débouchant sur des tentations irrédentistes.

 

L’Arabie Saoudite, berceau de l’islam, a l’avantage de la présence des lieux saints de l’islam sur son sol qui lui confère un grand prestige religieux, conforté par le rigoriste wahhabite entretenu par la dynastie régnante. Elle détient 30% des réserves mondiales de pétrole. Sa langue est l’islam. Elle fait pleuvoir des milliards de $ sur les musulmans du monde entier. Néanmoins, sa population de 21,6 habitants est relativement limitée et la vulnérabilité de son territoire désertique, sans autonomie alimentaire, la rend difficile à défendre..

 

Il reste un candidat au rôle d’Etat phare de l’islam, la Turquie. Celle-ci est auréolée d’un passé historique prestigieux, celui de l’empire ottoman. 66,6 millions d’habitants. La superficie de son territoire qui occupe un emplacement stratégique est satisfaisante. Son niveau économique aussi. La Turquie fait preuve d’une forte cohésion nationale, malgré un irrédentisme pugnace au Kurdistan. Ses traditions et ses compétences militaires multiséculaires plaident aussi pour elle au plus haut point.

 

Cependant la candidature turque au rôle d’Etat phare de l’islam est pour l’instant, grevée par un handicap : elle est un Etat laïque. Parce que Mustapha Kémal en décida ainsi, en 1923, en fondant la République turc qui fut le premier « Etat laïc musulman ». Le contexte de l’époque motivait les choix de Kémal. L’Empire ottoman, « l’homme malade de l’Europe », était incapable de moderniser son économie et son armée. Il s’enfonçait dans la banqueroute. L’obscurantisme religieux jetait un discrédit moral et spirituel sur les sciences et les techniques européennes. Le pays se voyait amputer de ses possessions territoriales par les puissances européennes et la Russie. C’est pourquoi Kémal donna un violent coup de barre et contourna la religion et le clergé. Cette politique engagea fortement la Turquie sur la voie de la modernité. Mais le « kémalisme » en fit un pays « déchiré » entre deux systèmes de valeurs.


 

La laïcité turque a vécu


 

La laïcité turque est moribonde. Elle a commencé à se vider de son sens dès les années 1979-1980, lorsqu’un renouveau islamique turc se fit jour. Des élites techniciennes, à cette époque-là, se détournèrent du dogme kémaliste de la laïcité présentée comme condition « sine qua non » du développement économique et social du pays, et firent l’apologie d’une culture islamique désormais réconciliée avec la modernité. Dès 1983, le Premier ministre Ozal entreprit de courtiser un électorat en pleine croissance qui prônait la primauté de la religion sur la société. En 1996, Le mouvement islamiste Refah (parti du Bien être) entra dans la coalition gouvernementale. En plus de bousculer les dogmes kémalistes, le Refah contesta la candidature de la Turquie à l’entrée dans l’Union européenne, la politique d’alliance avec Israël, et galvanisa l’opinion en faveur des musulmans de Bosnie et du Kosovo. Le pouvoir impatient, le dissout en janvier 1998. Qu’à cela ne tienne ! Il fut remplacé par le parti de la Vertu, le Fasilet. Il devient une locomotive de la vie politique et sociale turque. Aux élections municipales, ses candidats décochent 17 grandes mairies. Toujours impatient, le pouvoir par la cour constitutionnelle ordonna, le 22 juin 2001, la dissolution du Fasilet et la confiscation de ses biens. Il fut remplacé par le AKP, le parti de la Justice qui se dit modéré. Il applique ainsi le principe du « takyyé » inscrit dans l’islam traditionnel : lorsque la situation n’est pas mûre pour agir ouvertement aux fins d’installer la charia, le musulman doit masquer ses intentions par une attitude souple. L’APK connaît actuellement une poussée, attestée par les différents sondages concernant les élections du 3 novembre 2002. (Note de CD: le parti a gagné ces élections, dispose d’une majorité au parlement et est devenu maître du destin de la Turquie). Il est décidément bien loin, le kémalisme laïcisant. Même l’armée multiplie les purges en son sein et voit cet intégrisme islamiste en plein essor séduirent les jeunes officiers et soldats. Si l’armée tente un coup d’état, ce sera une guerre civile, où les intégristes auront le dessus.

 

La Turquie réunira alors toutes les conditions pour être l’Etat phare du monde musulman. Et ce n’est pas seulement 60 millions de Turcs, c’est 200 millions de turco-mongols qu’elle fédérera autour de la Turquie, porte-étendard de l’islam.


 

Un Grand Calife turc


 

Le prestige de la Turquie la désigne pour le rôle de leader de l’islam. L’empereur ottoman Soliman le magnifique est dans toutes les mémoires musulmanes, Son long règne (1520-1566) marqua l’apogée de la puissance turque et de la civilisation ottomane. L’empire ne cessa de menacer l’Europe pendant des siècles.

 

Mais aujourd’hui, la vocation impériale turque renaît sous l’impulsion islamiste. La Turquie y puise un carburant hautement énergétique pour elle-même, les peuples turcophones et même le reste du monde arabo-musulman. Elle aimante les Etats intégristes du Proche-Orient et du Maghreb. Les musulmans d’Asie suivront le mouvement d’un peu plus loin. La structure impériale n’est pas celle, centralisatrice et niveleuse, de l’Etat-Nation. Elle tolère les particularismes locaux. Le ciment, c’est l’esprit musulman de la communauté religieuse (Oumma).

 

Un leader turc charismatique pourrait fort bien émerger de la vague islamiste. Ce personnage hors du commun incarnerait alors le Grand Calife dont a besoin le renouveau de l’islam. Il incarnerait à la fois le religieux et le politique, le guide spirituel et l’homme d’Etat, le calife et le sultan à l’instar des compagnons du Prophète. Il serait la figure de proue de l’ensemble du monde musulman, qu’il serait en mesure d’élancer ou de relancer, à l’assaut de l’Occident.

 

Cette hypothèse peut sembler irréaliste, voire surréaliste. Mais l’alchimie de l’histoire fait soudainement surgir de l’anonymat des personnages d’exception lors des périodes d’exception. Le Grand Califat est dans tous les esprits musulmans occupés de militantisme. Et les foules de l’Oumma, aspireront de plus en plus à la réalisation de ce rêve exaltant qui leur est d’ores et déjà proposé par les réseaux intégristes. Une fois aux mains des intégristes islamistes, les Etats-nation musulmans (tout au moins la majorité d’entre eux) se regrouperont autour de l’Etat phare de la civilisation musulmane, la Turquie. Et sous l’autorité religieuse et politique du Grand Calife turc.

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Published by enricpatrick - dans article en français
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