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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:37

A la faveur de l�ouverture démocratique, on ne peut plus occulter l�existence d�un problème Bamiléké au Cameroun, problème que le paradigme constructiviste de l�ethnicité permet de mieux comprendre comme étant dans une bonne mesure un construit idéologique. Le nier serait de la mauvaise foi. Par contre, l�exagérer comme ont pu le faire certaines élites Bamiléké est irresponsable. Ces élites-là accusent visiblement d�un complexe de persécution devenu presque atavique et assorti d�un surinvestissement narcissique. Mais Shanda Tonme a-t-il vu juste en soutenant qu�en dépit de toutes sortes de déclarations et d�analyses, le problème Bamiléké, ce que le jargon pudique appelle l�hégémonie Bamiléké, puis l�éventuel pouvoir Bamiléké, demeure la véritable source de toutes les lois, de toutes les stratégies électorales, et du blocage du processus démocratique? Il importe sans doute de réaliser que la solution à ce problème s�avère indispensable pour jeter les bases d�une harmonie définitive dans la convivialité inter-ethnique au Cameroun.

 

Car au regard de la gravité de la tournure passionnelle et de la violence symbolique qui transparaissent dans les débats, il serait dommage que les Camerounais sombrent dans une conflagration sociale, pour n'avoir pas su mettre à profit tout ce que le pays compte d'intelligences et de talents humains pour esquisser des solutions adéquates et équitables à ce problème, qui n'est certainement pas une quadrature du cercle.

 

D�où la pertinence de l'idée d�un débat national (débat constitutionnel, conférence nationale) tendant à poser les bases d�un nouveau consensus national, en état de faire face à la survivance d�une citoyenneté à polarisation variable. Toutes choses devant aboutir sur la mise en place d�institutions claires et non controversées. Car dans un contexte camerounais où l�appartenance ethnique demeure le site primaire de l�engagement politique, les rivalités ethniques débouchent forcément sur les replis identitaires et sur les mécanismes d'auto-conservation dans le champ politique, le cas Bamiléké n'étant pas le moindre. Les capacités de prise de conscience qui font l'autonomie du sujet de la démocratie sont ainsi systématiquement obstruées par l'intensification du sentiment d'appartenance ethnique et le slogan en vigueur semble désormais être � une ethnie, une voix � en lieu et place de � Un homme, une voix �. Ainsi, en l�état actuel, on tendrait sans doute au Cameroun vers une démocratisation atypique, la question Bamiléké engageant de toute évidence le destin global de la démocratisation du pays.

 

Somme toute, de Jean Lamberton à d�autres analystes, en passant par bien des acteurs nationaux, l�on semble s�accorder à reconnaître que pour le Cameroun politique, tout dépend de l�équation Bamiléké. Ce colonel français l'affirmait ainsi en son temps : �Pour le Cameroun d�aujourd�hui pourtant, tout dépend de la solution du problème Bamiléké. Car, vu de Yaoundé, il s�agit cette fois d�un problème global dans lequel se fondent les données tirées d�une situation locale qui appelle des réformes radicales et des décisions urgentes�(21) Toutes choses qui doivent être envisagées dans le cadre d�un débat minutieux à l�échelle nationale, voire internationale, dans le cadre des conférences des Nations Unies sur les questions assimilées.

 

Il reste toujours clair qu�une gestion maladroite des questions ethniques et des identités culturelles peut stopper toute l�entreprise de modernisation, de développement et de démocratisation des sociétés africaines comme l�a bien perçu l�historien Mamadou Diouf. Pourtant, si l�ethnicité (et le respect des spécificités), est acceptée comme phénomène social légitime, elle pourrait être mieux diffusée et mieux administrée dans nos États

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Published by enricpatrick - dans article en français
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