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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:33

A ses origines, l�émergence du problème Bamiléké dans le champ politique camerounais a été placée sous le signe de la répression, et cette tendance semble même s�être figée. De fait, c�est le colonel Jean Lamberton, administrateur français spécialement chargé des maquis Bamiléké et Bassa dans le contexte de l�Indépendance qui théorise pour la première fois la question Bamiléké : �Le Cameroun s'engage sur les chemins de l'indépendance avec dans sa chaussure un caillou bien gênant. Ce caillou c'est la présence d'une minorité ethnique, les Bamiléké en proie à des convulsions dont ni l'origine ni les causes ne sont claires pour personne. Sans doute, le Cameroun est-il désormais libre de suivre une politique à sa guise et les problèmes Bamiléké sont du ressort de son gouvernement. Mais la France ne saurait s'en désintéresser. Ne s'est elle pas engagée à guider les premiers pas du jeune État et les problèmes ne les lui a-t-elle pas légués non résolus?�(5)

Cette position de Lamberton, perceptible comme une invention délibérée d'un problème Bamiléké au Cameroun aurait servi de philosophie d'action aux Français dans la rude répression des Bamiléké, massivement engagés dans le mouvement indépendantiste des années 50, répression que Kago Lélé qualifie de véritable génocide, tant les pertes en vies humaines furent importantes : �En fait de génocide, les Bamiléké en ont connu entre 1955 et 1965. Les chiffres tournent entre huit cent mille et un million de morts dans la région des Hauts-Plateaux et dans les autres villes telles Douala, Yaoundé, Sangmélima, Ebolowa, Nkongsamba�, affirme Jacques Kago Lélé. (6)

 

L�ethnie Bamiléké, originaire de la région occidentale du Cameroun est un peuple dont la forte caractéristique migratoire en a fait un peuple de diaspora, non seulement au Cameroun mais aussi au-delà des frontières nationales. D�après Jean-Pierre Warnier, s�ils peuplent le Cameroun d�entrepreneurs et s�ils sont appelés des envahisseurs, c�est qu�ils sont nombreux à migrer dans tout l�ensemble national et même dans la sous-région d�Afrique centrale : au Gabon par exemple, les transports urbains, le petit commerce, l�approvisionnement vivrier sont gérés en grand nombre par les Bamiléké (7). Cette caractéristique migratoire est pour une part due au fait que les grassfields Bamiléké sont des terres de denses peuplements. Ici on compte 69 hts/km2 contre 13 hts/km2 pour l�ensemble du Cameroun.

 

Les Bamiléké, sociétés d�épargne, sont aussi des sociétés inégalitaires, du fait des traditions restées encore très vivaces malgré la richesse et la modernité ambiante qui mettent à la disposition des entrepreneurs des instruments de contrôle de la désaccumulation. La tontine est ici un merveilleux outil de capitalisation. En l�absence de statistiques officielles, ce groupe n�en est pas moins considéré dans les analyses ethnisantes comme le plus riche du pays. Sur le plan économique, quelques chiffres illustrent l�ampleur de l�accumulation : � Déjà, écrit Warnier, lors du recensement de la population du Cameroun en 1976, les Bamiléké comptaient 58% des importateurs nationaux, 94% des boutiques des grands marchés des villes, 75% des acheteurs de cacao, 47% des grossistes industriels, 80% de la flotte des taxis, 50% du secteur informel et métiers de la rue �.(8)

 

Mais, l�auteur ajoute que si l�accumulation des grassfields est susceptible de créer des conditions d�un décollage local, les fantasmes auxquels elle donne naissance créent des tensions fortes dans la société camerounaise, du fait des enjeux politiques attribués aux richesses économiques. D�où une source non négligeable du problème Bamiléké

 

Quoi qu�il en soit, ce qu'il est convenu d'appeler depuis la colonisation la question Bamiléké est, de l'avis des observateurs, au c�ur de tout le débat ethnique au Cameroun. D�aucuns ont tôt fait de l�apparenter à la question touarègue au Niger et au Mali, à la question berbère au Maroc, à la question sérère au Sénégal. Mais, toute proportion gardée, le rapprochement n'est plausible qu'avec la question Kikuyu au Kenya. Le problème dont il s'agit ici touche à la place, le rôle, la participation et la contribution de l'ethnie Bamiléké aux affaires du pays et surtout sa position économique et politique.

 

On ne s�attardera pas ici sur les déterminations culturelles de ce problème. Mais il est important de noter que sur le plan des représentations socioculturelles des Bamiléké, il s'avère empiriquement que depuis de nombreuses décennies, les stéréotypes culturels sont restés figés, pendant que les réalités ont connu de grandes mutations.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:32

Si en période monolithique, la politique gouvernementale était très hostile à l'expression et à l'affirmation des identités ethniques, avec la restauration de la démocratie, régime de la parole libérée par excellence, les identités ethniques muselées en période autocratique explosent dans le champ socio-politique. C�est ainsi que, outre le problème Bamiléké, les élites Kirdi du Nord Cameroun ont théorisé un problème Kirdi, longtemps occulté. De même, les élites anglophones ont reposé dans des termes plus détaillés l�ensemble des frustrations qui donnent corps à un problème anglophone au Cameroun, datant de la réunification du Cameroun anglophone et du Cameroun francophone. Plus récemment, ce sont les élites Sawa qui sont montées au créneau pour sonner l�alarme de la protection des minorités, et notamment la leur.

 

Dans l�ensemble, les rivalités politiques s�accompagnent de rivalités ethniques. Il en est ainsi du conflit permanent entre Kotokos et Arabes-Choa à l'Extrême-Nord du Cameroun, des récentes revendications enregistrées à Douala au lendemain des élections municipales du 21 janvier 1996 entre �autochtones� Sawa et�allogènes� Bamiléké. Il en a aussi été des conflits survenus entre �autochtones� Béti et �allogènes�Bamiléké à Yaoundé, Sangmélima et Ebolowa, au lendemain des élections présidentielles du 11 octobre 1992. Les rivalités ethniques se sont ainsi révélées davantage comme phénomènes urbains, étant entendu qu�au Cameroun, la conscience ethnique et les rivalités s'y rapportant sont presque inexistantes en zones rurales. C'est en ville, milieu composite, que se vit la différence identitaire et les villes camerounaises, en tant que lieux de cohabitation, lieux de culture et de démocratie, se présentent surtout, depuis 1990, comme lieux de rivalités entre différentes communautés socioculturelles qui y coexistent. On peut percevoir de plus en plus en cela une menace pour la cohérence nationale, voire un facteur de dissolution du modèle républicain de citoyenneté.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:31

Le Cameroun se présente comme un pays carrefour et une Afrique en miniature, le point de jonction en Afrique des régions géographiques septentrionale, occidentale et centrale, mais aussi le carrefour des trois grandes régions culturelles classifiées par les anthropologues : la Côte de Guinée, le Soudan occidental et le Congo. Une classification utile pour commencer à décrire les complexités ethno-culturelles du pays. Cette taxonomie suit généralement la classification plus courante par groupe de langues. Les trois groupes sont ainsi aussi désignés par les noms d'Atlantique, de Bantoïde et de Tchadien.

 

Des recherches linguistiques récentes ont énuméré quelques deux cents groupes ethniques identifiables dans la République du Cameroun et les cartes culturelles disponibles confirment la complexité exceptionnelle de la configuration ethnique. D'après les premiers travaux de Victor T. LeVine en 1970, le groupe le plus numériquement important est celui des semi-Bantous Bamiléké, vivant pour la plupart dans la zone des hauts plateaux de la région Ouest, mais dont beaucoup de ressortissants ont migré dans tous les coins du pays. Directement apparentées à ce peuple sont les diverses ethnies de la région de Bamenda, dont la plupart sont d'origine Tikar. Cet ensemble grassfields (3) est aujourd�hui regroupé, depuis le début des revendications démocratiques dont ils étaient à l�avant-garde, sous la boutade populaire d' �Anglo-Bamis�

 

Vers le sud, dans la région où les Bantou équatoriaux dominent, le principal groupe ethnique est une agglomération linguistique largement répartie, les Bété-Pahouin qui englobent les tribus habitant la zone de Yaoundé. Ce pays Bété constitue la deuxième zone la plus peuplée du Cameroun. C'est un groupe principalement composé des Bantou de langue Ewondo, Boulou et Fang. De même, avec le vent des revendications populaires, dans lequel ils se sont généralement révélés plutôt fidèles au statu quo, ces peuples sont regroupés sous le concept caricatural de �Béti�

 

Les Bantou du Grand Sud, les plus nombreux, sont les Bassa et Bakoko qui occupent d'une façon générale la zone méridionale de la vallée du fleuve Sanaga. Ce groupe est important non seulement par sa force numérique, mais aussi parce qu'il fut le premier groupe du sud à participer aux luttes d'indépendance commencées dans les années 1950.

 

Un autre groupe, les populations de la région littorale et les Sawa, est également d'une grande importance politique et économique. Ils occupent principalement la région de Douala et les zones avoisinant l'estuaire du Wouri.

 

Au Nord-Cameroun, l'ethnonyme Kirdi est usité pour désigner les populations dites païennes concentrées dans la région montagneuse des Monts Mandara. Les Foulbé musulmans constituent le deuxième grand groupe ethnique du Nord-Cameroun et sont dispersés autour des villes qui formaient l'émirat d'Adamaoua, Garoua, Ngaoundéré. Deux autres groupes septentrionaux complètent le compte : Il s'agit des Noirs islamisés Kotoko et les Arabes-Choa, autour du Lac-Tchad.

 

Au vu de cette grande diversité ethnique du Cameroun, le pays se présente comme très prédisposé aux rivalités ethniques. C'est dans ce sens que le Président camerounais a lui-même reconnu que le Cameroun se révèle comme� une terre de la multiplicité et de la division socio-historique, le lieu de rendez-vous d'une variété insoupçonnable de forces centrifuges et antagonistes (�), campant face à face en une sorte de veillée d'armes permanente, où le sens des particularismes est par trop frappante � (4). C'est ainsi qu'à l'ouverture démocratique ce chassé-croisé ethnique va se déchaîner à travers des rivalités ardentes, et les vieilles récriminations anti-Bamiléké particulièrement ressuscitées.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:29

La résurgence de la question Bamiléké dans la vague démocratique actuelle, renouvelle d'emblée dans le champ politique camerounais les enjeux de la prétendue hégémonie des populations usuellement désignées par cet ethnonyme consacré, dans la mesure où depuis le moment colonial, cette ethnie est présentée, tant dans la culture populaire que dans la culture savante comme étant en situation ou en quête d'hégémonie au Cameroun. A la faveur de l'ouverture démocratique des années 90, cette perception a semblé s'accentuer, les Bamiléké étant de plus en plus considérés comme voulant opérer une traduction politique de la majorité démographique et du contrôle des surfaces économico-financières qu'on leur attribue, et consacrer cette supposée hégémonie, notamment par la prise du pouvoir politique pour laquelle une fringale irrésistible les inclinerait. Et dans cette logique, ils seraient la cause mystérieuse des échecs et des tares dont peut souffrir le corps social. Le fameux � projet Bamiléké � daterait ainsi depuis l'affaire Monseigneur Ndongmo (2), évêque de Nkongsamba dans les années 60. C'est ainsi qu'à l�ouverture démocratique, une abondante littérature sera produite à ce sujet, faite de procès d'intentions et de répliques, à travers lesquels la question Bamiléké semble même constituer le n�ud gordien des rivalités ethniques au Cameroun, voire du processus démocratique.

 

Les Bamiléké ont-ils une conscience unitaire ou la question de leur hégémonie n'est-elle qu'un concept idéologique, une pure construction sociale commode pour incriminer les concernés et trouver prétexte à une offensive idéologique? Est-ce par le paradigme constructiviste ou par le paradigme essentialiste de l�ethnicité qu�il faut comprendre le problème? Tels sont les axes de questionnement en état de servir de bien-fondé à un débat national sur cette question, débat dont les conditions semblent aujourd�hui bien réunies au demeurant.

 

Quiconque aborde une problématique aussi délicate s�expose soit au risque de l�ethnocentrisme, soit à celui de l�ethnophobie, selon qu�on est Bamiléké ou non. Et l�on ne se bornera donc ici qu�à proposer au lecteur une visite guidée à travers la littérature ethnique au Cameroun. Du moins, l'abondante production sur les diverses représentations à la charge et à la décharge des velléités d'hégémonie socio-politique des Bamiléké donne un ensemble d'indicateurs importants sur les vrais enjeux d�un inévitable débat national approprié. Mais avant toute chose, il convient de présenter la complexité sociale sur fond de laquelle se vit la question bamiléké.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:28

Resumen

El Bamileke, conocido en el interior y el exterior del Camerún como un grupo étnico mayormente extendida, a menudo parecen ser víctimas de su fuerza asignada por lo general. Desde la independencia, este grupo se presenta en el análisis como la mayor etnia de vista demográfico, el control de varios puntos estratégicos en los sectores de la economía nacional y empresarial, con una fuerte evidencia que muestra la migración y Dendur.

Una tendencia de Bamileke Lelit intelectual de este grupo que tiene convertido en el blanco de todas las formas de discriminación o debido a la desconfianza de otros grupos étnicos, o debido a una hegemonía de dunas broma excesiva alegada. Detre acusado motivados por este espíritu lautoriserait hegemónico de tomar el poder para transformar su supremacía económica en el dominio político y establecer supuestas Camerún hegemonía irreversible, Bamileke Lelit intelectual siempre ha negado tener tales intenciones. Dijo que en lugar de sagit excusas basadas en argumentos sin fundamento para silenciar a los Bamileke y distorsionar el proceso democrático.

En este artículo Sobre el autor se refiere a la reaparición de este problema en la escena política en Camerún durante la apertura democrática de 90 años. Es importante, dijo, especialmente devaluar su impacto en el desarrollo social, política y económica de Camerún, sobre todo porque es un gran obstáculo para el desarrollo integral de la democratización del país. De ahí la necesidad de una solución que, tanto por los prismas ethnisation renunciar y paradigmas, tanto administrativamente como en términos de representaciones sociales, y el debate constructivo, especialmente a oficiales y nacionales, a instituciones preparan más en consonancia con el espíritu de la ciudadanía republicana de todos los grupos étnicos.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:25

Résumé


Les Bamiléké, connus à l�intérieur et à l�extérieur du Cameroun comme un groupe ethnique largement étendu, semblent très souvent être des victimes du dynamisme qui leur est attribué habituellement. En effet, depuis les indépendances, ce groupe est présenté dans les analyses ethniques comme le plus important sur le plan démographique, contrôlant plusieurs points stratégiques dans les secteurs économiques et commerciaux nationaux, présentant de forts indices migratoires et faisant preuve d�endurance.

 

Une certaine tendance de l�élite intellectuelle des Bamiléké présente le groupe comme étant devenu la cible de toutes les discriminations, soit du fait de la méfiance des autres groupes ethniques, soit du fait d'une mystification excessive d�une hégémonie présumée. Accusée d�être motivée par cet esprit hégémonique qui l�autoriserait à prendre le pouvoir pour transformer sa suprématie économique présumée en domination politique et mettre en place une hégémonie irréversible au Cameroun, l�élite intellectuelle Bamiléké a toujours nié avoir de telles intentions. Selon elle, il s�agit plutôt de prétextes basés sur des arguments sans fondement afin de faire taire les Bamiléké et de fausser ainsi le processus démocratique.

 

Dans cet article, l�auteur traite de la réapparition de cette problématique sur la scène politique du Cameroun au moment de l'ouverture démocratique des années 90. Il importe, selon lui, d�évaluer surtout son impact sur la vie sociale, politique et économique du Cameroun, notamment dans la mesure où elle constitue un obstacle majeur au développement global de la démocratisation du pays. D'où la nécessité d'une solution qui passerait à la fois par le renoncement aux prismes et paradigmes ethnisants, tant sur le plan administratif que sur celui des représentations sociales, et par un débat constructif, notamment au niveau officiel et national, afin de préparer des institutions plus conformes à l'esprit d'une citoyenneté républicaine pour toutes les ethnies.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 00:12

Public opinion agitated, frightened and traumatized discovers hate literature cultivated and systematized. But before measuring the political, ideological, ethical and philosophical literature of hatred that which Mr. Amadou Ali, Deputy Prime Minister and Minister of Justice and Minister of Justice is the current figure, think the historical genesis of the problem Bamileke in the political field in Cameroon. This is to find the dogma which established the issue and the founding text that accompanies it. This text is the French Colonel Jean Lamberton published in the journal National Defense in March 1960. Who is Colonel John Lamberton? This is one of the actors of the war that the French state and the new state led by Cameroonian independent countries in the Bamileke and Bassa. A monumental work has been devoted to this historical tragedy experienced by our people. It is entitled: KAMERUN! A hidden war to the origins of French Africa, 1948-1971 published by La Découverte Paris 2011. Reading this book asks the philosopher in mind the issue of war crimes and crimes against humanity committed by theFranco-Cameroonian army against the people of Bassa andBamileke people. The debate is open on this serious issue.

 

Back to the founding text of the problem BamilekeThis text is organized around a series of theses which the political,ideological, ethical, religious, are immense.
 
THESIS 1:
"Cameroon is committed on the road to independence with in his shoea rock very disturbingThis stone is the presence of an ethnic minoritythe Bamileke in convulsing the origin or thecauses are clear to anyone.
Our knowledge of the Bamileke remains superficial because ofGriaule or Richard Mollard able to explain their problems that stand in many areas: demographic and social, national and international levels. There are serious difficulties, not only to solvebut simply to ask them correctly. In context, African Cameroonacommon logic to discern the white man does that through adistorting perspectivethe future of Cameroon will be determined by their solution yet.
Doubtless Cameroon is he now free to pursue a policy at will and problems Bamileke are the responsibility of his government. But France can not ignore itdid not she engaged to guide the first steps of the young state, and these problems do not him shebequeathed unresolvedJust also look at the map to see that Cameroon is inserted as a cornerstone in the building of theAfrican community. "
It follows from this argument that France created in Cameroonand bequeath what she calls the problem and the Bamilekepolitical destiny of Cameroon is organically linked to the solutionof this problem. We also learn that our country is at the heart ofthe politico-strategic backyard French.

 

THESIS 2:
"In fact, the Bamileke are a people. Just to be convinced to consider their number, their history, social structure and dynamism. A homogeneous group of Negro populations meet so many factors of power and cohesion is not so commonplace in Central Africa, Cameroon, at least, the Bamileke phenomenon is unique. "
This thesis is certainly the foundation of what has been called the will of the Bamileke hegemony. It suggests the attributes of power it endows the community, the idea of ​​a chosen people, self-confident and domineering.
 
THESIS 3:
"The history of the Bamileke would obscure other anecdotal interest if it did not reveal how these people are abroad in Cameroon. Most of Cameroon's population is without doubt the Bantu group, for the Bamileke, is less certain. In the absence of a thorough investigation, it must refer to the work fragmentary often contradictory. But one point at least beyond the controversy in the late seventeenth century, the Bamileke people slowly slid parts of Bornu in the north-east of modern Nigeria - to the massive Cameroon Adamawa. The time of its establishment on the board that now bears his name is new. "
The ideological issue - policy of this thesis is immense. It suggests that within the national community, the Bamileke people is foreign. It is not at home.
The fate of foreign heavy political consequences, the most extreme can lead to exclusion in its brutal and violent. Power status of the Bamileke people are twice that of overseas. Double burden!
 
Thesis 4:
"The country Bamileke is now a trap that no one knows which side it is, it is possible to grasp." And Colonel added as if to suggest a hope: "For today, however, CAMEROON, depending on the solution Bamileke."
The treatment of the issue ends Bamileke in the Speech from Colonel Lamberton in the remembrance of a figure metaphysical anguish that haunts Cameroonian historical consciousness.
 
THESE 5:
"Immersed prematurely perhaps, in the exercise of sovereignty, Cameroon discovered on the plateau Bamileke anxieties which so far had been spared"
 
Thesis 6:
"These are some of the problems, more or less, motivate bloody disasters (...) but also may result in Cameroon and France, which assists in the domestic adventures and complications external disturbing. "
Posthumous fate of the work of Colonel John Lamberton
 
What was the historical destiny and posthumous theses Colonel John Lamberton? These theories were developed and deployed in five homes ideological, political, philosophical, military, religious. Each of these homes will history remember names and voices that express it.
 
· Fireplace philosophical.
He returned to the philosopher Hubert Mono Ndjana to be the face and voice of this great home.
Mono Ndjana philosopher wrote: "The ethnofascisme is the will power of an ethnic group, or the expression of his desire to be hegemonic takes the form of theoretical discourse, or that of a ruck in the controversy is that of a systematic organization as a conqueror mercantilism "

 

Home of the Catholic Church
 
The clergy of Douala wrote: "For greater control of financial power, it is necessary to control political power. The combination of money power with the Bamileke man is facing, we believe, to the conquest of political power in Cameroon and consequently strategic points of the country.
Control over the archiepiscopal Bamilékisation process hierarchy naturally tends towards the seizure of political power.
The North is almost conquered the East, too, the West already. It was only the Littoral is Douala to say, and come full circle "(Clergy of the Archdiocese of Douala. Memorandum to the attention of their Excellencies. Done in Douala March 16, 1987).
Circle of Yaounde Clavis Dr. Simon Peter Tchoungui, Florent Eily Etoga and Francois Xavier Ntonga It supports the clerk of Douala and denounces the chosen people and arrogant what they think the community Bamileke "Yes, the clergy of Douala right, when he takes to task those churchmen who say with assurance that Rome is disconcerting to hasty that the Church is not late. The illustration of a policy bastard, that any ethnic group would be predestined to ensure accountability of political power, and should, be fulfilled for this providential design, the heads of the local church belong absolutely to the chosen people "
 
· Fireplace Policy
 
Jean Jacques Ekindi, polytechnic and politician emerged as an actor and theorist of this hate literature against the Bamileke community.
Walking anti-Bamileke chiefs Superiors Sawa February 10, 1996 has produced two series of events which one is the formation of a movement called KOD 'A SAWA MBOA and the other promoting, through some newspapers (The Relax, The Challenge, The Patriot, Galaxy, Elimbi), a political literature. The combination of these two events form a political-ideological bloc headed by Jean-Jacques is placed Ekindi. Here is the central thesis and program of this movement.
 
"It should be noted that our movement is not a political party as such. Other minorities want to work with the community sawa, particularly in the fight against the protection of minorities and the preservation of their identity and heritage. Our group welcomes KOD'A MBOA SAWA these solicitations to strengthen the minority group (...) a resolution of the group sawa asked Jean-Jacques Ekindi to approach other opinion leaders sawa. These include Samuel EBOUE, Marcel and YONDO NJOH LITUMBE to unite and create an appropriate framework to better defend the Sawa face the dangers that threaten them "(KODA MBOA SAWA, newsletter No. 001 , BP 2500 Douala, Tel: 430 472)
The Bamileke is this threat in the eyes of this movement. Hence the urgent need for the community to have a Master sawa, a strict father who protects his vital space. Jean-Jacques Ekindi becomes the Master.
 
"It is clear that the confusion, the claim of the minority Sawa and all others obey any political bandwagon. The revolt unleashed does not have time to find or to give a Master (...). It is time to close ranks to Sawa for the preservation of their living space "Living Space! This sudden and complete expression of this literature of hatred and hostility towards the Bamileke community.
A historical text in its scope as it challenges the hard way the founding myths of the State of Cameroon, the Cameroonian people, nation building in Cameroon completed the adventure sawa ideological political movement embodied the politician Jean-Jacques Ekindi.

 

Indeed, it is within what has been called the protest sawa that fits in all its radical collapse of the founding myths of the Cameroonian State. Nothing better expresses this radical questioning and brutal that the text of the newspaper detention, which reports on a meeting held May 10, 1996 in Limbe, described as APPOINTMENT OF HISTORY and the theme: A STRATGIE COMPACT, SOLIDARITY AND AGGRESSIVE. The newspaper noted: "During this meeting, the community Sawa said the advent of a disaster is often the cause of awakening of a people. The extermination of Jews under Hitler gave birth in 1948 of the State of Israel, this has definitely put an end to the qualification of wandering people assigned to this nomadic nation. In Pakistan, the original formula, the persecution of the authorities in Islamabad to the place of the Bengali people in East Pakistan had led to the birth of a State, Bangladesh in 1971.
            
History is full of examples where national entities are forced to reconstruct and to resolder when their rights to existence, their very survival is threatened. The arrogance of ineligible voters and their elected SDF were the first to score a decidedly ethnic character their election victory in the largest metropolis of all Cameroonians is the city of Douala, has had thepositive effect of reminding the Sawa people playing rules applied by some nationalists in the construction of Cameroon: the principle of living space.
Also, in the Campo Idabato, Babimbi the country to the plains of Mbo, the trumpet of irredentism Sawa was mouthed following disrespect the basics of hospitality that appear alien to the place some of those they were offered a free holiday there nearly a century.
It took the insolence of a few irresponsible expansionary Bamileke for the peaceful coexistence that has always existed between the Bamileke and Sawa is now the subject of questioning. As we have said, there are four months of this, we confirm today, the scenery of Rwanda is already planted in Cameroon: the system of ignition of the wick was operated from January 1996 and will be powder kegs can be achieved within a few days. When a gigantic holocaust will be corrected population statistics in some provinces, you will certainly understand, with the help of figures that inter-ethnic coexistence serene is much closer to the demographic reality that the dictatorship of the majority. Indeed, oil, the best land in this country, electricity and three outlets to the sea: Limbe, Douala, Kribi arguments are sufficient to require the breakup of Cameroon in which states would bring together the people who have the same origin , a common culture and a common destiny. The lack of convergence of interests and culture of different ethnic groups in Cameroon must make each tribe solely responsible for its destiny. "
What remains there concepts of state, nation, peoples, country after reading such a text? No. This text introduces an ideological-political rupture, break, breakage and interruption in the chain of historical concepts. This decline, ruin their influence in our national consciousness. Hence our question: what does the President of the Republic of the text that challenges in a most radical and brutal mission, duty and right as he orders the fundamental law of our country?
The President of the Republic is he aware of the deployment of such literature? This is the radical question to be asked. In any case, this tribal-racist literature in question is a fundamental attributes are those of the chief magistrate of the country. Hence the historical responsibility of the President of the Republic in the promotion and dissemination of a doctrine that ruin the organic unity of the State of the Nation and the People.
Indeed, what does and what does this literature tribal-racist? She said publicly that the myths on which we have lived up to historically outdated and that the historic compromise that justified the peaceful coexistence of different ethnic groups in Cameroon is now obsolete. Hence it follows that each ethnic group is entitled to create their living space and to defend it.From there, the Declaration of 15 June 1996, made in Douala by traditional chiefs of the Grand Sawa and where it says:
It develops a defense doctrine of the living space where it is necessary to expel the Bamileke community become alien.
 
"Considering that all Sawa are direct descendants of peoples who have created communities that are within the existing land areas of the Littoral and South West, some parts of South, Central and West and , before the various invasions, European colonization and the formation of the State of Cameroon,
Considering also that some of this land is inhabited today by non-Russians from other parts of the country, and this for various reasons, the most striking is the national integration policy practiced since the aftermath of independence ,
Considering also that the alien became dominant by the number of parts of our land, and this is starting to make some of them demanding and insolent
Whereas, finally, the occupation of land can not confer the right to the soil,
Solemnly declare that the greatest concern of the indigenous people Sawa is organized threat against our collective survival in the foreign section GRAFI within communities Sawa. "(Declaration of July 15, 1996, Galaxy, No. 191 of June 17, 1996).

 

 

Politico-military focus.
Here, he returned to General Asso'o to be the facilitator. And this in a context dominated by the fight against corruption has become a major issue for the President of the republic
Paul Biya. The President says in effect, "But there is more serious, I mean the corruption I have often denounced but which continues to rage. There is also a total incompatibility between our efforts to reduce poverty and the scandalous enrichment of a few. The diversion of public funds is made, it must be remembered, to the detriment of the national community. Today I want to say very solemnly that he has to stop. "(Post year-end December 31, 2005).
A class of emerging presidential speech: a few. This category subsumes corruption in its extreme form. It embodies the eyes of the Head of State absolute corruption. In the logic of the speech of General Asso'o this category, these are some of the Bamileke who have everything and steal everything. Here is revealed the hateful and belligerent speech of General Asso'o. From there, our thesis: With this speech, is put in place a mechanism of the scapegoat. The Bamileke is the absolute incarnation.
 
What does the General Asso'o?
"Why does he say, do you want to force the hand of the President of the Republic? Whether to stop Ondo Ndong must also stop Niat Njifenji, Yves Michel Fotso. They stole more than Ondo Ndong "(General Asso'o, interview with the newspaper New Report N ° 160 of September 15, 2005, see also The Messenger No. 2005 of November 14, 2005).
 
For General Asso'o, Niat Njifenji and Yves Michel Fotso are figures and extreme forms of corruption. They embody the Bamileke community. The General said firmly: "The Bamileke have everything and steal everything"
 
 
· Fireplace ethnic passions
 
Amadou Ali embodies those passions in their exacerbation. With Amadou Ali we are witnessing the rise of ethnic passions to extremes posed as a system of political management. Amadou in confidence to the Ambassador of the United States and reported by Wikileaks states: "The three northern regions will continue to provide support for Biya wish to remain as long as President, but the next President of Cameroon will not come fromethnic Beti / Bulu. The Betis are too few to oppose the Yankees, let alone the rest of Cameroon. The Bamileke have made overtures to the elites of the North to forge an alliance between their respective regions, but the Yankees were so suspicious of the intentions of the Bamileke they do not conclude an alliance to support a Bamileke political power. " Even more precise, Amadou Ali said: "In a recent wide-ranging discussion and frank with Ambassador Ali said that the equation of stability in Cameroon based on the variables of relaxation between the ethnic Beti / Bulu of Biya, the majority in the southern region of Cameroon and the populations of the three regions northerners, known as the Low Countries that are ethnically and culturally distinct from the rest of the country. The Septentrion support Biya wants to stay as long as President [...] but will not accept a successor who is another Beti / Bulu, or a member of the powerful Bamileke ethnic group sat down economy. "
Amadou Ali, for his understanding and practical is this figure of thought that manifests the end of a historical cycle in which the forces that have facilitated biologically, intellectually and historically exhausted. Fed by ethnic and Ethnic passions, they are summed to have to leave the historical stage, willingly or unwillingly, to make room for the new historical and political forces, drawing their energy from the political passions, fed with sources a demanding and uncompromising patriotism and dedicated to the achievement of Pan-Africanism ethical, philosophical, political and monetary. These political forces are here and now. They are subsumed under the concept of youth thought of as determinate negation, negation as negation resolved and affirmed. This is the total denial and brutal neocolonial state which Mr. Amadou Ali is one of the central figures. The watchwords that guide program in theory and practice that youth are prescribed by our national anthem which orders:

 

 

O Cameroon birthplace of our ancestors.
 
[...] We work to make you successful.
 
[...] From Africa be faithful child.
 
This is the alternative must be opposed to the ideas of Mr. Amado Ali is cradled and nourished by the ethnic passions to extremes which led to this tragic figure what the Civil War.
The national community is haunted by the civil war which the people Bamileke is posited as potential sacrificial victim until the great massacre.
The philosopher Fabien Eboussi warns in one of his works of political philosophy entitled: (Democracy in Cameroon Transit ed. Harmattan Paris 1997 P. 331-332), the philosopher wrote, "The problem is the Bamileke to cover a second Another framing likely to advance the resolution by moving to put in the better environment. The strength of the Social Democratic Front is to be objectively represented such hope. Why and how? What is the problem? At psycho, it takes the form of a node consists of fear and resentment antithetical and contradictory. On the one hand, the various ethnic groups expressed their fear of economic and financial power of the Bamileke [...]. Therefore, the last line of defense is the executive. If this last bastion fell it would be like breaking a dam, a flood that would devastate everything in its path: the other groups, but also the institutions of the common good. For the success Bamileke is not without disorder or instability, without bypassing the existing rules of the game [...] Envy, looking for excuses and scapegoats to eat less, lazy stereotypes Nevertheless, these fears and the resentments, justified or not, have the effect of which generate a diverse coalition aims to keep them away from the supreme power. Their mere existence is a political problem. " Access to power the Bamileke state policy exposes the massacre so that the historical figure is genocide. Thought of as undifferentiated whole history, the community is dedicated to the Bamileke collective death. The political philosopher Eboussi Boulaga note. "A fallacy is a naturalized, reduced to the status of objects that can devote to destruction without remorse [...]. The fear of looting of property, the lynching of a thousand little daily exclusions before the general massacre settled in the minds and behavior. "
This is the tragic fate that awaits the Bamileke community dedicated to ethnic hatred. The authors and the actors of this hate literature and stubborn held historically known. Their historical responsibility is engaged.
A school of philosophy, history and ethics of our master, the scholar and historian Cheikh Anta Diop, we learned that exacerbated ethnic passions lead historically and necessarily destructive violence that genocide is the final phase. We're taking action.
The political history of Cameroon and is now dominated by ethnic passions. We have identified homes and figures from which they are deployed. Although they occupy the major administrative and political and ideological apparatus of the state military, historically they are exhausted, but they can in a confusion that already occurs, plunging the country into civil war. Faced with these negative forces, stand positive forces carried by patriotic passions, and Pan-Africanists. From north to south, and east to the west of the country they manifest and reinforce every day.These forces are then endowed with a philosophical negativity foolproof. Its historic task is to build a new political body, a new community of citizens. It will be the ruin of ethnic and tribal forces.The dialectic of life and death struggle has already begun. A Pan-Africanist and the patriotic forces, we must give a direction geostrategic and geopolitical.

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 23:59

Une opinion publique agitée, apeurée et traumatisée découvre une littérature de haine cultivée et systématisée. Mais avant de mesurer les enjeux politiques, idéologiques, éthiques et philosophiques de cette littérature de haine dont Monsieur Amadou Ali, Vice-Premier Ministre, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux constitue la figure actuelle, il faut penser la genèse historique du problème bamiléké dans le champ politique camerounais. Il s’agit de retrouver le dogme qui institue ce problème et le texte fondateur qui l’accompagne. Ce texte est celui du Colonel français Jean Lamberton publié dansla Revue Défense Nationale en Mars 1960. Mais qui est le Colonel Jean Lamberton ? C’est un des acteurs de la guerre que l’Etat français et le nouvel Etat camerounais indépendant menèrent en pays bassa et en pays bamiléké.  Un monumental ouvrage vient d’être consacré à cette tragédie historique vécue par notre peuple. Il s’intitule : KAMERUN ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique , 1948-1971 publié aux éditions La Découverte Paris 2011. La lecture de ce livre pose à l’esprit philosophe la question de crime de guerre et de crime contre l’humanité commis par l’armée franco-camerounaise contre le peuple bassa et le peuple bamiléké. Le débat est donc ouvert sur cette grave question.

 

 

 Revenons au texte fondateur du problème Bamiléké. Ce texte s’ordonne autour d’une série de thèses dont les enjeux politiques, idéologiques, éthiques, religieux sont immenses.

 

THESE 1 :    

« Le Cameroun s’engage sur le chemin de l’indépendance avec, dans sa chaussure, un caillou bien gênant. Ce caillou c’est la présence d’une minorité ethnique : les Bamiléké, en proie à des convulsions dont l’origine ni les causes ne sont claires pour personne.

Notre connaissance des Bamiléké reste superficielle faute d’un Griaule ou d’un Richard Mollard capable de nous expliquer leurs problèmes qui se dressent sur de nombreux plans : démographique et social, national et international. De là de graves difficultés, non seulement pour les résoudre mais simplement pour les poser correctement. Dans leur contexte, africain camerounais, une logique commune d’homme blanc ne les discerne qu’au travers d’une optique déformante, l’avenir du Cameroun sera pourtant déterminé par leur solution.

Sans doute le Cameroun est-il désormais libre de suivre une politique à sa guise et les problèmes bamiléké sont du ressort de son gouvernement. Mais la France ne saurait s’en désintéresser : ne s’est-elle pas engagée à guider les premiers pas du jeune Etat, et ces problèmes, ne les lui a-t-elle pas légués non résolus ? Il suffit, en outre de regarder la carte pour voir que le Cameroun est inséré comme une clef de voûte dans l’édifice africain de la communauté. »

Il ressort de cette thèse que la France crée et lègue au Cameroun ce qu’elle appelle le problème bamiléké et que le destin politique du Cameroun est organiquement lié à la solution de ce problème. Nous y apprenons aussi que notre pays est au cœur du dispositif stratégico-politique du pré carré français.

 

THESE 2 :

« En fait, les Bamiléké forment un peuple. Il suffit pour s’en convaincre de considérer leur nombre, leur histoire, leur structure sociale et leur dynamisme. Qu’un groupe homogène de populations nègres réunisse tant de facteurs de puissance et de cohésion n’est pas si banal en Afrique Centrale ; au Cameroun, du moins, le phénomène bamiléké est sans équivalent ».

Cette thèse est à coup sûr au fondement de ce qu’on a appelé la volonté hégémonique des Bamiléké. Elle suggère par les attributs de puissance dont elle dote la communauté, l’idée d’un peuple élu, sûr de lui et dominateur.

 

THESE 3 :

« L’histoire obscure des Bamiléké n’aurait d’autre intérêt qu’anecdotique si elle ne révélait à quel pointce peuple est étranger au Cameroun. Le gros de la population camerounaise appartient sans aucun doute au groupe bantou ; pour les Bamiléké, c’est moins sûr. En l’absence d’une enquête approfondie, force est de se référer à des travaux fragmentaires souvent contradictoires. Mais un point, au moins, échappe à la controverse : vers la fin du XVII siècle, le peuple Bamiléké glissait lentement des régions du Bornou au Nord-Est de l’actuel Nigeria – vers les massifs camerounais de l’Adamaoua. L’époque de son établissement sur le plateau qui porte aujourd’hui son nom est récente ».

L’enjeu idéologico - politique de  cette thèse est immense. Elle suggère qu’au sein de la communauté nationale, le peuple bamiléké est étranger. Il n’est pas chez lui.

Ce destin d’étranger est lourd des conséquences politiques  dont la plus extrême peut conduire à l’exclusion sous sa forme brutale et violente. Le statut de puissance du peuple bamiléké se double de celui d’étranger. Double fardeau !

 

THESE 4 :

« Le pays bamiléké est à l’heure actuelle un guêpier que l’on ne sait par quelle face il convient, il est possible de le saisir ». Et le Colonel d’ajouter comme pour suggérer un espoir : « Pour le CAMEROUN d’aujourd’hui pourtant, tout dépend de la solution du problème bamiléké ».

Le traitement de la question Bamiléké s’achève dans le discours du Colonel Lamberton par l’évocation d’une figure métaphysique : l’angoisse qui hante la conscience historique camerounaise.

 

THESE 5 :

« Plongé prématurément peut-être, dans l’exercice de la souveraineté, le Cameroun découvre, sur le plateau bamiléké des angoisses qui jusqu’à présent lui avaient été épargnées »

 

THESE 6 :

« Tels sont les quelques-uns des problèmes qui, plus ou moins, motivent les désastres sanglants (…) mais, en outre, risquent d’entraîner le Cameroun et la France qui lui apporte son aide, dans les aventures intérieures et dans des complications extérieures inquiétantes ».

Destin posthume de l’œuvre du Colonel Jean Lamberton 

 

Quel a été le destin historique et posthume des thèses du Colonel Jean Lamberton ? Ces thèses se sont déployées et développées au sein de cinq foyers idéologiques, politiques, philosophiques, militaires, religieux. A chacun de ces foyers l’histoire devra retenir des noms et des voix qui l’expriment. 

 

·        Foyer philosophique.

 

Il est revenu au philosophe Hubert Mono Ndjana d’être la figure et la voix extrême de ce foyer.

Le philosophe Mono Ndjana écrit notamment : « L’ethnofascisme, c’est la volonté de puissance d’une ethnie, ou l’expression de son désir hégémonique qui prend soit la forme du discours théorique, soit celle d’une mêlée ouverte dans la polémique, soit celle d’une organisation systématique sous la forme d’un mercantilisme conquérant »

 

·        Foyer de l’Eglise Catholique 

 

Le clergé de Douala écrit : « Pour une plus grande maîtrise de la puissance financière, il faut maîtriser le pouvoir politique. L’alliance des puissances d’argent avec l’homme bamiléké est donc orientée, pensons-nous, vers la conquête du pouvoir politique au Cameroun et par conséquent des points stratégiques du territoire national.

La mainmise sur le siège archiépiscopal du processus de Bamilékisation de la hiérarchie tend naturellement vers la prise du pouvoir politique.

Le Nord est pratiquement conquis, l’Est aussi, l’Ouest déjà. Il ne restait que le Littoral, c'est-à-dire Douala, et la boucle est bouclée » (Clergé de l’Archidiocèse de Douala. Mémorandum à l’attention de leurs Excellences. Fait à Douala le 16 Mars 1987).   

Le Cercle Clavis de Yaoundé du Dr. Simon Pierre Tchoungui, Florent Etoga Eily et François Xavier Elle Ntonga, soutient le clerc de Douala et dénonce ce peuple élu et arrogant qu’est selon eux, la communauté bamiléké : « Oui, le clergé de Douala a raison, quand il prend à partie ces hommes d’Eglise qui affirment avec une assurance déconcertante que Rome doit aller vite en besogne pour que l’Eglise ne soit pas en retard. L’illustration pratique d’une politique bâtarde, selon laquelle quelque groupe ethnique serait prédestiné à assurer les responsabilités du pouvoir politique, et qu’il faudrait, pour que s’accomplisse ce dessein providentiel, que les chefs de l’église locale appartiennent absolument à ce peuple élu »

 

·        Foyer politique

 

Jean Jacques Ekindi, polytechnicien et homme politique s’affirme comme acteur et théoricien de cette littérature de haine contre la communauté bamiléké.

La marche anti- bamiléké des chefs Supérieurs Sawa le 10 février 1996 a produit deux séries d’événements dont l’un est la constitution d’un mouvement baptisé KOD’ A MBOA SAWA et l’autre la promotion, à travers certains journaux ( La Détente , Le Défi, Le Patriote, Galaxie, Elimbi),d’une littérature politique. La combinaison de ces deux événements forme un bloc politico- idéologique à la tête duquel est placé Jean-Jacques Ekindi. Voici la thèse centrale et programmatique de ce mouvement.

 « Il y a lieu de préciser que notre mouvement n’est pas un parti politique en tant que tel. D’autres minorités entendent coopérer avec la communauté sawa, notamment dans la lutte contre la protection des minorités et  la sauvegarde de leur identité et de leur patrimoine. Notre groupe KOD’A MBOA SAWA accueille favorablement ces sollicitations  destinées à renforcer le groupe des minorités (…) une résolution du groupe sawa demande à Jean-Jacques Ekindi d’approcher les autres leaders d’opinion sawa. Il s’agit notamment d’EBOUA Samuel, YONDO Marcel et NJOH LITUMBE afin qu’ils s’unissent et créent un cadre approprié pour mieux défendre les Sawa face aux dangers qui les menacent »(KODA  MBOA  SAWA, bulletin de liaison N°001, BP 2500 Douala, Tel : 430472)   

Le Bamiléké constitue cette menace aux yeux de ce mouvement. D’où l’urgence pour la communauté sawa d’avoir un Maître, un père sévère qui préserve son espace vital. Jean-Jacques Ekindi devient ce Maître. 

 « Il est donc évident que le désarroi, la revendication de la minorité Sawa et de toutes les autres n’obéissent à aucun suivisme politique. Que la révolte déchaînée n’a pas le temps de trouver ou de se donner un Maître (…). Il est temps pour les Sawa de resserrer leurs rangs pour la préservation de leur espace vital » Espace vital ! Voilà l’expression brutale et achevée de cette littérature de haine et d’hostilité à l’endroit de la communauté bamiléké.

Un texte historique par son ampleur en tant qu’il remet en question de façon brutale les mythes fondateurs de l’Etat camerounais, du peuple camerounais, de la nation camerounaise en construction achève l’aventure idéologico politique du mouvement sawa qu’incarne l’homme politique Jean-Jacques Ekindi.

 

En effet, C’est au sein de ce qu’on a baptisé le mouvement de protestation sawa que s’inscrit dans toute sa radicalité l’effondrement des mythes fondateurs de l’Etat camerounais. Rien n’exprime mieux cette mise en question radicale et brutale que ce texte du journal LA DETENTE qui rend compte d’une réunion tenue le 10 Mai 1996 à Limbé, qualifiée de RENDEZ-VOUS DE L’HISTOIRE et avec pour thème : UNE STRATGIE COMPACTE, SOLIDAIRE ET AGRESSIVE. Le journal note : « Au cours de cette réunion, la communauté sawa a affirmé que l’avènement d’un désastre est souvent à l’origine de réveil d’un  peuple. L’extermination juive sous le régime hitlérien a accouché en 1948 de l’Etat d’Israël : ceci a définitivement mis un terme à la qualification de peuple errant attribuée à cette nation nomade. Dans le Pakistan, formule originelle, la persécution des autorités d’Islamabad à l’endroit du peuple Bengali au Pakistan Oriental avait donné lieu à la naissance d’un Etat, le Bangladesh en 1971.

            L’histoire foisonne de ces exemples où les entités nationales sont obligées de se recomposer et de se ressouder lorsque leurs droits à l’existence, leur survie même sont menacés. L’arrogance inadmissible de l’électorat SDF et de leurs élus qui ont été les premiers à marquer d’un cachet décidemment ethnique leur victoire électorale dans la plus grande métropole de tous les Camerounais qu’est la ville de Douala, aura eu l’effet positif de rappeler au peuple sawa les règles de jeu appliquées par certains nationalistes dans la construction du Cameroun : le principe de l’espace vital.

Aussi, de Campo à Idabato, du pays babimbi à la plaine des Mbo, la trompette de l’irrédentisme Sawa a été embouchée à la suite de l’irrespect des notions élémentaires de l’hospitalité que manifestent certains allogènes à l’endroit de ceux qui leur ont gratuitement offert un gîte il y a près d’un siècle.

Il aura fallu l’insolence irresponsable de quelques expansionnistes bamiléké pour que la cohabitation pacifique qui a toujours existé entre Bamiléké et Sawa soit aujourd’hui l’objet d’une remise en question. Nous l’avons dit, il y a de cela quatre mois, nous le confirmons aujourd’hui, le décor du Rwanda est déjà planté au Cameroun : le système d’ignition de la mèche a été actionné depuis janvier 1996 et les barils de poudre seront peut-être atteints dans quelques jours. Lorsqu’un gigantesque holocauste aura rectifié les statistiques démographiques de certaines provinces, l’on comprendra certainement, avec l’aide des chiffres qu’une coexistence inter-ethnique sereine est beaucoup plus proche de la réalité démographique que de la dictature de la majorité. En effet, le pétrole, les meilleures terres de ce pays, l’énergie électrique et trois débouchés maritimes : Limbé, Douala, Kribi sont des arguments suffisants pour exiger l’éclatement du Cameroun en Etats où se regrouperaient les peuples qui ont une même origine, une culture commune et un destin commun. L’absence de convergence d’intérêts et de culture au sein de différentes ethnies camerounaises doit rendre chaque tribu entièrement responsable de son destin ».

Que reste-t-il  des concepts d’Etat, de Nation, de Peuple, de territoire national après la lecture d’un tel texte ? Rien. Ce texte idéologico-politique introduit une rupture, une brisure, une cassure et une interruption dans la chaîne de ces concepts historiques. Il baisse, ruine leur influence dans notre conscience nationale. De là notre question : que pense le Président de la République de ce texte qui remet en question dans une radicalité extrême et brutale la mission, le devoir et le droit que lui ordonne la LOI FONDAMENTALE de notre pays ?

Le Président de la République est-il au courant du déploiement d’une telle littérature ? Telle est la question radicale qu’il faut poser. En tout état de causes, cette littérature tribalo-raciste est une mise en question fondamentale des attributs que sont ceux du Magistrat suprême du pays. De là la responsabilité historique du Président de la République dans la promotion  et la diffusion d’une doctrine qui ruine l’unité organique de l’Etat, de la Nation et du Peuple.

En effet, que dit et que fait cette littérature tribalo-raciste ? Elle dit publiquement que les mythes fondateurs sur lesquels nous avons vécu jusqu’ici sont historiquement dépassés et que le compromis historique qui a justifié la coexistence pacifique de différentes composantes ethniques camerounaises est désormais caduc. D’où il suit que chaque groupe ethnique est fondé à créer son espace vital et à le défendre. De là, cette Déclaration du 15 Juin 1996, faite à Douala par les Chefs Traditionnels du Grand Sawa et où on peut lire :  

On y élabore une doctrine de défense de l’espace vital d’où il faut expulser la communauté bamiléké devenue allogène.

 « Considérant que tous les Sawa sont des descendants directs des peuples qui ont créé les localités qui se situent dans les terres actuelles des régions du Littoral et du Sud-Ouest, une partie des régions du Sud, du Centre et de l’Ouest, et ce, avant les différents invasions, la colonisation européenne et la formation de l’Etat du Cameroun,

Considérant encore qu’une partie de ces terres est habitée aujourd’hui par les ALLOGENES venant d’autres régions du pays, et ce, pour différentes raisons dont la plus marquante est la politique d’intégration nationale pratiquée depuis le lendemain de l’indépendance,

Considérant aussi que ces allogènes sont devenus dominants par le nombre sur certaines parties de notre terroir, et que cette situation commence à rendre certains d’entre eux exigeants et insolents,

Considérant enfin que l’occupation d’une terre ne saurait conférer le DROIT au terroir,

Déclarons solennellement que le problème le plus préoccupant du peuple indigène Sawa est la menace organisée contre notre survie collective par la section étrangère GRAFI au sein même des communautés Sawa. »  (Déclaration du 15 Juillet 1996, Galaxie, N°191 du 17 Juin 1996).

 

·        Foyer politico-militaire.

Ici, il est revenu au Général Asso’o  d’en être l’animateur. Et cela dans un contexte dominé par la lutte contre la corruption devenue un enjeu majeur pour le Président dela République

, Paul Biya. Le Président déclare en effet, « Mais il y a plus grave, je veux parler de la corruption que j’ai souvent dénoncée mais qui continue de sévir. Il y a également une totale incompatibilité entre les efforts que nous déployons pour faire reculer la pauvreté et l’enrichissement scandaleux de quelques-uns. Le détournement des fonds publics se fait, faut-il le rappeler, au détriment de la communauté nationale. Je voudrais aujourd’hui dire très solennellement qu’il faut que cela cesse. »(Message de fin d’année du 31 Décembre 2005).

Une catégorie émerge du discours présidentiel : quelques-uns. Cette catégorie subsume la corruption sous sa forme extrême. Elle incarne aux yeux du Chef de l’Etat la corruption absolue. Dans la logique du discours du Général Asso’o, cette catégorie, ces quelques-uns ce sont les Bamilékéqui ont tout et qui volent tout. Ici se révèle le caractère haineux et belliqueux du discours du général Asso’o. De là, notre thèse : Avec ce discours, est mis en place un mécanisme du bouc émissaire. Le Bamiléké en est l’incarnation absolue.

 

Que dit le Général Asso’o ?

« Pourquoi dit-il, voulez-vous forcer la main au Président de la République  ? S’il faut arrêter Ondo Ndong, il faut aussi arrêter Niat Njifenji, Yves Michel Fotso . Ils ont volé plus que Ondo Ndong »(Général Asso’o, interview au journal Nouvelle Afrique N° 160 du 15 Septembre 2005 ; voir aussi Le Messager N°2005 du 14 Novembre 2005).

 

Pour le Général Asso’o, Niat  Njifenji et Yves Michel Fotso constituent les figures et les formes extrêmes de la corruption. Ils incarnent la communauté bamiléké. Le Général déclare avec fermeté :« Les Bamiléké ont tout et volent tout »

 

 

·        Foyer des passions ethniques 

 

Amadou Ali incarne ces passions dans leur exacerbation. Avec Amadou Ali nous assistons à la montée aux extrêmes des passions ethniques posées comme système de gestion politique. Amadou dans une confidence à l’Ambassadeur des Etats-Unis et rapportée par Wikileaks affirme : « Les trois régions septentrionales vont continuer à apporter leur soutien à Biya aussi longtemps qu’il souhaitera demeurer Président, mais le prochain Président du Cameroun ne viendra pas de l’ethnie Béti/Boulou. Les Bétis sont trop peu nombreux pour s’opposer aux Nordistes, encore moins au reste du Cameroun. Des Bamilékés ont fait des ouvertures à des élites du Nord pour forger une alliance entre leurs deux régions respectives, mais les Nordistes étaient si méfiants sur les intentions des Bamilékés qu’ils ne concluraient jamais une alliance pour soutenir un pouvoir politique Bamiléké ». Plus précis encore, Amadou Ali ajoute : « Dans une récente discussion de grande envergure, et franche avec l’Ambassadeur, Ali a déclaré que l’équation de la stabilité du Cameroun repose sur les variables de détente entre le groupe ethnique Béti/Boulou de Biya, majoritaire dans la région du Sud du Cameroun et les populations des trois régions nordistes, connues comme le Septentrion qui sont ethniquement et culturellement distinctes du reste du pays. Le Septentrion soutiendra Biya aussi longtemps qu’il voudra rester Président […] mais n’acceptera pas un successeur qui soit un autre Beti/Boulou, ou un membre du groupe ethnique Bamiléké aux puissantes assisses économiques ». 

Amadou Ali, par son entendement théorique et pratique constitue cette figure de pensée qui manifeste la fin d’un cycle historique où les forces qui l’ont animé sont biologiquement, intellectuellement et historiquement épuisées. Nourries par des passions ethniques et ethnicistes, elles sont sommées d’avoir à quitter la scène historique, de gré ou de force, pour laisser place à des nouvelles forces historico-politiques, puisant leur énergie dans des passions politiques, nourries aux sources d’un patriotisme exigeant et intransigeant et vouées à la réalisation du panafricanisme éthique, philosophique, politique et monétaire. Ces forces politiques existent ici et maintenant. Elles sont subsumées sous le concept de jeunesse pensée comme négation déterminée, comme négation résolue et négation affirmée. C’est la négation totale et brutale de l’Etat néocolonial dont Monsieur Amadou Ali est une des figures centrales. Les mots d’ordres programmatiques qui doivent guider en théorie et en pratique cette jeunesse sont prescrits par notre hymne national qui ordonne :

 

 

                    O Cameroun berceau de nos ancêtres.

 

[…] Nous travaillons pour te rendre prospère.

 

[…] De l’Afrique sois fidèle enfant.

 

Telle est l’alternative qu’il faut opposer aux idées de Monsieur Amado Ali  qui est bercé et nourri par les passions ethniques dont la montée aux extrêmes conduit à cette figure tragique qu’est la guerre civile. 

La communauté nationale est hantée par cette guerre civile dont le peuple bamiléké est posé comme victime expiatoire potentielle en attendant le grand massacre.

Le philosophe Fabien Eboussi nous prévient dans un de ses ouvrages de philosophie politique intitulé : (La Démocratie de Transit au Cameroun éd. l’Harmattan Paris 1997 P. 331-332) Le philosophe écrit : « Le problème bamiléké est le second à recouvrir un autre cadrage susceptible d’en faire progresser la résolution, en déplaçant pour le mettre dans le contexte plus propice. La force du Social Democratic Front est d’avoir représenté objectivement un tel espoir. Pourquoi et comment ? Qu’est-ce qui fait problème ? Au niveau psychosociologique, il prend la forme d’un nœud constitué de craintes et de ressentiment antithétiques et contradictoires. D’un côté, les ethnies diverses expriment leur crainte de la puissance économique et financière des Bamilékés […]. Dès lors, la dernière ligne de défense c’est le pouvoir exécutif. Si cet ultime bastion tombait ce serait comme à la rupture d’un barrage, un déferlement qui dévasterait tout sur son passage : les autres groupes, mais aussi les institutions du bien commun. Car la réussite bamiléké ne se fait pas sans désordre ni déstabilisation, sans contournement des règles du jeu en vigueur […] L’envie, la recherche d’alibis, et des boucs émissaires se nourrissent d’à-peu près, de stéréotypes paresseux. Il n’empêche que ces peurs et ces rancœurs, fondées ou non, ont pour effet de susciter une coalition hétéroclite qui a pour objectif de les tenir éloignés du pouvoir suprêmeLeur seule existence est un problème politique»L’accès du Bamiléké au pouvoir politique d’Etat l’expose donc au massacre dont la figure historique est le génocide. Pensée comme totalité historique indifférenciée, la communauté Bamiléké est vouée à la mort collective. Le philosophe politique Eboussi Boulaga note. « Un sophisme qui est une naturalisation, une réduction au statut d’objets qu’on peut vouer à la destruction sans remords […]. La crainte du pillage de ses biens, du lynchage, de mille petites exclusions quotidiennes avant le grand massacre s’installe dans les esprits et les conduites ».

Tel est le destin tragique qui guette la communauté bamileké vouée à la haine ethnique. Les auteurs et les acteurs de cette littérature de haine tenue et têtue sont historiquement connus. Leur responsabilité historique est engagée.

A l’école philosophique, historique et éthique de notre maître, le savant et historien Cheikh Anta Diop, nous avons appris que les passions ethniques exacerbées débouchent historiquement et nécessairement sur la violence destructrice dont le génocide constitue la phase finale. Nous en prenons donc acte.

Le champ politique et historique camerounais est désormais dominé par les passions ethniques. Nous en avons identifié les foyers et les figures depuis lesquels elles se déploient. Bien qu’elles occupent les grands appareils politico administratifs et idéologico militaires de l’Etat, elles sont épuisées historiquement, mais elles peuvent dans un désarroi qui déjà se manifeste, plonger notre pays dans la guerre civile. En face de ces forces négatives, se dressent des forces positives portées par des passions patriotiques, et panafricanistes. Du Nord au Sud, et de l’Est à l’Ouest de notre pays elles se manifestent et se renforcent chaque jour davantage.  Ces forces là sont douées d’une négativité philosophique à toute épreuve. Sa tâche historique est de bâtir un nouveau corps politique, une nouvelle communauté de citoyens. Elle se fera sur la ruine des forces ethnico-tribales. La dialectique de la lutte à mort a déjà commencé. A ces forces patriotiques et panafricanistes, nous devons donner une direction géostratégique et géopolitique.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 19:18

World War III is a revenge of nature over man. Man is part of nature, it is in nature. From the eighteenth century, Western thought has focused on extracting a proactive human nature andassigning the task of mastering them. World War III will spend the defeat of voluntarism.
 
The forces of the unconscious, precipitating the masses against each other, have organized slaughter of an unprecedented scale.The problems of overcrowding, which in many places prevented any economic development and caused significant environmentaldamage, will be resolved.
 
Mankind obviously redundant on the planet, will the phenomenonknown regulatory drunken warrior.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 19:16

PART FIVE: The domino effect of the conflict the West-Islam on the world

 
The board of the Third World War
 
 
West-Islam war ignites the world. Asia enter into war: India attack Pakistan became Islamic fundamentalist. China and Iran, allies of Pakistan, will come to his rescue. Japan attacked China.

 
Nuclear conflict between India and Pakistan

 
The government of Pervez Musharraf lost in the big hullabaloo fundamentalist. India will not support the existence of the new Pakistani government, Islamist hardline, eager for jihad, reveling in the power it will provide the nuclear arsenal of the "land of the pure."
 
The United States will be very worried too, because of the spread of nuclear bombs that are sure to hold the fundamentalists in favor of the States at war against the West. -This time, the Americans will push the Indians to nuclear war designed to destroy Pakistan before it strikes. And West-Islam conflict will spread to Asia. The victims in the millions. It will mass against mass. Pakistan, with its 145 million people face an India that has one billion, will be bloodless.

 
China and Iran against India

 
China and Iran come to the aid of its ally Pakistan, the amount so online alongside Islam. China, Pakistan and Iran are the last ten years a triangular alliance. China helps these two Islamic countries to set up an arms industry.
 
China and India are the two great rival powers of Asia. Their clash is inevitable. China enslaving the states of Southeast Asia.The Chinese do not snuff designs multipolar security. Until the arrival of Western powers in the Far East, international relations are focused on China, according to different types of subordination, autonomy and cooperation.
 
North Korea will comply with China. They have common cultural denominators. Korea has often sided with China in the past.
 
Malaysia, where the Chinese diaspora is located, has a policy tinged with anti-Westernism. Thailand, frightened by the threat of Viet Nam is ready to pledge allegiance to China.
 
Indonesia and Vietnam have views over the Spratly Islands, located in the South China Sea, which are full of oil. China, of course, intends to lay hands on these islands, whose oil reserves it will be vital when the oil supplies from the Middle East have been interrupted by the events of World War III. Vietnam fearing another confrontation with China, following the 1979, will prefer to go along with him. Overall, the countries of Southeast Asia are in the same state of mind vis-à-vis China. It will find a modus vivendi with its ally Islam, about the Xinjiang province of the west, where seven million Muslims live irredentist.

 

Japan against China

 
China, taking control of the Spratly islands and straits are a lifeline for Japan, worry about it. Japan, whose military budget is the second in the world, will soon go to war against China. It has a nuclear arsenal, and its ally North Korea too. But Japan will be backed by the United States. They will be forced to intervene on behalf of their Japanese ally by conducting nuclear tests in China, its urbanization in the last decade has made it more vulnerable.


Russia does remain in the Western camp?

 
What will Russia? Will continue she along with the West against the Islamic-Asian block, or does it yield to anti-Western tendencies of a resurgent pan-Slavism? Russia seems to be firmly secured to the Western camp, an anti-Islamic holy alliance was established between the United States and Russia, which has a free hand in Chechnya. The Islamists want to "reconquer" Muslim Russia was at the time of the Mongol Golden Horde. The antagonism between Orthodox and Muslim worlds is clear.
 
But thanks to the economic crisis, the current anti-Western and pan-Slavic could experience a rapid rise. It is not impossible that this current sacrifices his occidentalophobie before the rest. In this case, Russia would give Bonaparte playing Russian alliance with Islam (to end it leads to destabilizing actions against it).
 
The choice will the Russian bear will be decisive in the fate of Europe. If he stands against the West, it will cause great harm, but the clash of exhausting. He can not prevent China from overrunning populated Eurasia.

 
Winners and losers

 
As the first two, this World War III will significantly change the world stage. The losers will be Islam, Europe and Russia. The winners. The United States and China.

 
Winners

 
America, flagship state of the West, will see its role confirmed by the Third World War. In a world where everything will rebuild, she will experience an economic boom and political prodigious, who will wear to new heights. It will be the engine of capitalism renovated, clean of its past excesses.
 
China will, too, pulled out of the game, having deftly orchestrated an Islam which has served as a tactical force in the global conflict.It will certainly have suffered, too, massive destruction, but it will not be in a state of overpopulation. It has established its hegemony over Southeast Asia, and perhaps Russia and Europe.

 
The losers

 
Europe does emerge from World War III having achieved political unity? The political unification of large has always done in the war strategy. The American unit was done at the cost of the Civil War, German unification by the confrontation with Austria and the 1870 war with France, Italian unification took place, too, in the noise of weapons.
 
Another hypothesis: Europe subservient to the authority in China.
 
In any case, it will have paid a very heavy price for this World War III, which will be largely conducted on its soil.
 
Poor countries will emerge from this disaster almost entirely depopulated, and hit hard by its political fallout, economic and military. In particular, the Islamic countries.
 
Combined with the Great Depression, World War III will have reduced mankind half or two thirds of its workforce.

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Published by enricpatrick - dans article en anglais
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