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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 18:50

Une nouvelle riposte militaire de la Russie après que la Turquie eut abattu son bombardier : L’assistance aux forces kurdes en Syrie. Kurdes dont Ankara voudrait bien sûr se débarrasser…

C’est ainsi qu’à peine 2 jours après la destruction de son bombardier, la Russie a synchronisé certaines de ses opérations militaires avec la direction des mouvements kurdes syriens, en particulier en apportant un soutien aérien massif à une offensive kurde contre les « terroristes modérés » de l’ASL soutenus par Ankara.

https://jeanfouche.wordpress.com/2015/11/29/russie-turquie-nouvelle-etape-en-syrie/

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La Russie a lancé un appui militaire aux Kurdes syriens

Au cours de l’échange de piques diplomatiques et la tension des derniers jours entre la Russie et la Turquie, l’attention des journalistes et des experts s’est déplacée vers un nouveau tournant dans le conflit syrien.

Deux jours après l’attentat turc contre l’avion russe, la Russie, pour la première fois depuis le début de son opération aérienne en Syrie a commencé une interaction directe avec le Comité suprême des Kurdes syriens, exerçant les fonctions d’un gouvernement provisoire dans la région kurde Rodzhava dans les conflits armés en Syrie.

Pendant deux jours l’aviation russe a lancé des frappes aériennes sur la localité d’Azaz à la frontière syro-turque, qui est contrôlée par la soi-disant opposition modérée de l’Armée syrienne libre (ASL). En outre, trois avions russes ont bombardé un poste de contrôle de Bab al-Salam, à travers lequel la Turquie envoie un approvisionnement aux rebelles anti-gouvernementaux. Enfin, l’aviation russe a effectué une série de frappes aériennes sur les positions des Islamistes à Deir Jamal, qui est actuellement sur la ligne de front entre les Kurdes syriens et les rebelles pro-turcs.

Dans le même temps, les frappes aériennes russes contribuant à la protection des unités kurdes (GPJ), directement subordonnées au Conseil suprême kurde précité, celles-ci ont lancé une offensive massive contre les rebelles pro-turcs de l’Armée syrienne libre dans les régions de Maryamayn, Maliki et Zivara dans la province nord d’Alep, avec le soutien de l’aviation russe. […]

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 20:06

Piqués au vif par les mensonges occidentaux, soucieux de défendre leur patrie et leur démocratie, les Ukrainiens semblent se réveiller. Ce n’est qu’un début. Certains pensaient qu’une fois le coup de force contre Viktor Ianoukovitch réalisé, ils allaient vivre d’opulence. Mais, il a fallu qu’on leur dise que toute aide est contraignante, avec des restrictions budgétaires dans tous les secteurs d’activités, pour que les nigauds se rebiffent.

A toujours croire que le monde est unipolaire ou refuser de voir que le monde est multipolaire, cette vision binaire de la planète entre d’un côté, eux, les bons, et de l’autre, les mauvais, va jouer de mauvais tours aux Occidentaux. En continuant de se comporter à travers le monde comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, la chute du piédestal sera encore plus spectaculaire que désastreuse. Il y aura des cris de frayeurs, des larmes, de la douleur. La Russie n’est ni la Libye ni la Côte d’Ivoire encore moins la Syrie. Beaucoup de médias-moutons, qui font ingurgiter une daube insipide et peu goûteuse à leur auditeurs, lecteurs ou téléspectateurs, sont dans la mouise.  Or, il suffisait de dire la vérité pour ne pas être désemparé.

Comment peut-on expliquer aujourd’hui que ceux qui ont validé ce coup d’état puissent se plaindre de l’attitude de la Crimée ? N’est-ce pas le même scénario qu’à Kiev ? Au nom de quoi donc certains auraient, eux, la permission d’aimer l’Europe, devrais-je dire, adorer l’Europe, et d’autres, interdits de pouvoir dire leur amour de la Russie ? Comme je le mentionnais dans un tweet il y a quelques minutes, Obama et ses sous-fifres ont cru que Kiev était le nombril de l’Ukraine. Il n’en est rien, c’est simplement la capitale.

Après la Crimée, c’est à dire toute la bordure sud-est du pays, de Sebastopol à Simferopol en passant par Feodosiya jusqu’à Kerch, où, ce sont les drapeaux russes qui y flottent désormais. Les autorités demandent même l’aide de la Russie. C’est dire, le casse tête chinois qui se passe actuellement dans la calotte crânienne de Barack Obama et de ses laquais. Mais, c’est aussi ça les Relations internationales qui ne respectent ni droits de l’homme ni souveraineté des petits états. Ce n’est ni à Sarkozy ou à Obama, pères de l’invasion de la Libye qu’on l’apprendra. D’ailleurs, en plus, se moquant du bruit et de la fureur occidentale, la Russie va envoyer 30 blindés et 6000 hommes à la demande de la Crimée pour la protéger ! Ils parleront d’"invasion" dans les médias. Il n’en est rien, c’est la même daube, la même propagande…

A Donetsk, un drapeau russe a été hissé sur l’administration régionale de la ville au cours du meeting qui a rassemblé plus de 10.000 personnes -excusez du peu-, ce samedi. Malgré sa trahison, celle d’avoir laissé prospérer les nazis à Kiev, ces derniers certes appuyés par l’Occident, Viktor Ianoukovitch a eu du baume au cœur. Ici, c’est son fief. Des chansons à l’honneur de la Russie et ses étendards brandis. Face à ce peuple-là, Obama a beau crier à tue-tête, personne ne l’entendra mais, il y pire, car en face c’est la Russie. Impossible dans la communication de menacer, comme on le ferait avec des formules toutes faites: "Gbagbo doit partir!"; "Assad doit partir" ou encore "Kadhafi doit partir", tout en violation flagrante du droit, derrière lequel ils tentent honteusement de se cacher.

A Kharkov, après des affrontements avec les euromaïden, les pro-russes auyant pris le dessus, les choses se sont accélérées. Dans le centre de la ville de Kharkov, où s’est déroulé un rassemblement pour la défense de la ville, les manifestants pro-russes ont percé vers le bâtiment de l’administration régionale, situé sur la place de Svoboda (Liberté), avant d’y hisser le drapeau russe. O peut dire que la vraie révolution a commencée.

A Odessa, dossier sur lequel nous reviendrons en fin de journée sans doute, la population civile, selon notre correspondant sur place, demande à être armée pour faire face aux nazillons de Kiev. Les oiseaux de mauvais augure ou les historiens de l’immédiateté en sont pour leurs frais. Tous ces clowns estampillés journalistes, qui n’ont visiblement que le parchemin, comprennent sans doute que les événements ne sont pas toujours ce qu’ils souhaitent. Leur manque de déontologie leur joue de sales tours. En effet, rien n’est écrit à l’avance. Leur dialectique morbide et mortifère ne saurait être la panacée.

Les Relations internationales font entrer en jeu, trop de paramètres. En Ukraine, visiblement, les politiques occidentaux, ne comptant que sur leurs muscles, n’y ont encore rien compris en comptant sur des aboyeurs illettrés ultra-violents et des petits nazillons. Parce que, cette discipline des sciences politiques, que sont les Relations internationales, est vaste. Dans le dossier Ukrainien, l’anthropologie, l’anthropologie culturelle, le droit, l’économie, la géographie, l’histoire, la psychologie et la sociologie sont les volets oubliés…Ces amateurs qui ne comprennent plus ce qui leur arrive, n’ont pas aussi tenu compte des acteurs transnationaux, s’occupant du commerce, bref, de l’économie.

Dans le cas spécifique de la Russie, les chiens qui aboient ne mordent pas…Comme le disent les jeunes, "c’est pour faire genre"…Quant au président russe, Vladimir Poutine, il ne s’est pas encore exprimé personnellement sur la nouvelle donne politique en Ukraine. Face à l’adversité, l’homme est lèvres pincées. Comme le dit le poème "la mort du loup" d’Alfred de Vigny, "seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse". Cherchez l’erreur !

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 15:37

Entre Eglise et franc maçonnerie, le dialogue s'enrichit... Droits de l'homme, tiers monde, immigration: I'une et l'autre avancent aujourd'hui sur le même chemin de sagesse et de tolérance. Certes, de nombreux malentendus demeurent, spirituels philosiphiques et his- toriques. En bons artisans, maçons et chrétiens s'emploient à les lever: à preuve, la rencontre entre Mgr Thomas évêque de Versailles, et Michel Barat, Grand Maître de la Grande Loge de France, qui se déroule le 10 novembre, à l'initiative de La Vie et de L'ARM.


A près deux siècles de conflits et de condamnations, va-t-on vers une réconciliation de l'Eglise avec la franc-maçonnerie ? Pour la première fois en France, à l'initiative de La Vie et de L'Actualité religieuse dans le monde, un évêque et un franc-maçon s'assoient à la même table pour une rencontre publique. Le 10 novembre prochain, Mgr Jean-Charles Thomas, évêque de Versailles, et Michel Barat, Grand Maître de la Grande Loge de France, se retrouveront au Centre Sèvres, à Paris, pour engager un dialogue autrefois impossible. Ce n'est certes pas la première fois qu'un homme d'Eglise rencontre un franc-maçon. Mais jamais à un tel niveau de responsabilité et de manière publique.
Il y a six ans, un colloque organisé à Toulouse par le Service incroyance foi et l'Institut d'études et de recherches maçonniques avait réuni des universitaires et des théologiens sur le thème Eglise-Maçonnerie: condamnations ou malentendus ? Ces derniers mois, des rencontres du même genre se sont tenues dans différentes villes de province. A chaque fois, elles ont fait salle comble. Preuve, s'il en était besoin, que le sujet passionne nos contemporains, dont bon nombre de croyants, et que le dialogue n'est plus tabou. Un verrou a sauté en 1971, lors d'une visite, qui avait fait grand bruit, de Mgr Pézeril, alors évêque auxiliaire de Paris, à la Grande Loge de France. Dix ans plus tôt, le père Riquet, jésuite, avait fait scandale en prononçant une conférence dans une loge du Grand Orient à Laval. Plus récemment, les obsèques religieuses, célébrées en grande pompe, de deux anciens grands maîtres, Richard Dupuy et Michel Baroin, ont interrogé l'opinion publique.
Sur le terrain, ces dernières années, les contacts se sont multipliés, donnant lieu à des initiatives communes. Ainsi, en novembre 1985, catholiques et francs-maçons ont signé, avec d'autres, un " appel commun à la fraternité " contre l'intolérance et le racisme, et pour la défense des droits de l'homme. En mai 1988, le père Guiberteau, au nom de l'Eglise catholique, s'est joint aux côtés du pasteur Stewart, de la Fédération protestante, et de Roger Leray, ancien grand maître du Grand Orient, à la mission chargée par le gouvernement Rocard de rétablir le dialogue en Nouvelle-Calédonie. Entre-temps, en octobre 1986, une délégation de la franc-maçonnerie mondiale s'était rendue à Assise, pour assister à la première Conférence mondiale des religions pour la paix. Des rencontres régulières ont lieu depuis plusieurs années entre des maçons de différentes obédiences et des chrétiens. L'abbaye bénédictine du Bec-Hellouin, en Normandie, a même accueilli une loge le temps d'une retraite.
Et puis, il y a ces catholiques membres de la franc-maçonnerie. Parmi eux, des prêtres. Le père L. habite le sud de la France. Comme la plupart de ceux qui sont dans sa situation, il a préféré garder l'anonymat. Pour lui, il n'est pas question d'une double appartenance, comme on l'affirme souvent. Membre de la Grande Loge nationale française, il estime que celle-ci n'est pas " une Eglise de substitution ", mais plutôt " un tiers ordre ", dans lequel il trouve un moyen de prolonger son engagement de prêtre. "La réflexion biblique et la prière occupent une large place, explique-t-il. D'ailleurs, mon évêque est tout à fait au courant de mon activité. Il m'arrive même d'envoyer des comptes rendus au Vatican. " Reconnu par sa hiérarchie, le père L. souffre de ne pouvoir révéler sa situation aux catholiques de son diocèse: ..Les mentalités ne sont pas prêtes. "
Il semble révolu le temps des anathèmes qui n'avaient cessé d'être lancés par Rome depuis la première condamnation papale en 1738. Le nouveau Droit canon de 1983 (la Constitution de l'Eglise) a supprimé les articles visant les francs-maçons et, en particulier, le canon 2235 excommuniant ipso facto toute personne appartenant à une loge maçonnique " qui agit contre l'Eglise". Le droit actuel se contente de réprouver " ceux qui s 'inscrivent à une association qui conspire contre l'Eglise". Pourtant, une déclaration de la Congrégation romaine pour la doctrine de la foi, publiée peu de temps après, en novembre 1983, est venue réaffirmer l'incompatibilité entre l'appartenance à I'Eglise et à la franc-maçonnerie. L'auteur de cette mise en garde, le cardinal Ratzinger, considère que " les catholiques qui font partie de la franc-maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent s'approcher de la Sainte Communion". Ce texte, dans lequel il n'est d'ailleurs pas question d'excommunication, n'a évidemment pas la même portée qu'un article de droit, mais il contredit bel et bien l'évolution amorcée depuis une trentaine d'années.
D'où vient la méfiance ? Dans la première condamnation pontificale, celle de Clément XII, en 1738, la franc-maçonnerie est condamnée en raison du secret dont elle s'entoure. Aucune hérésie ne lui est explicitement reprochée. Néanmoins, le seul fait que des hommes de diverses religions cohabitent en loges crée, à l'époque, une présomption d'hérésie suffisante pour les excommunier. En France, la Révolution, dans laquelle les loges sont très actives, puis la rupture entre révolutionnaires et Eglise - bientôt caractérisée par la division du clergé entre prêtres jureurs et prêtres réfractaires - aggravent le contentieux. Les condamnations qui se succèdent au XIXe siècle invoquent des motifs que le pape Léon XIII rassemble en 1884 dans Humanus genus. La franc-maçonnerie est rejetée parce qu'elle se fonde sur le " libre examen " et qu'elle vise à la "sécularisation totale de la société". L'encyclique proclame notamment: "La religion catholique, étant la seule véritable, ne peut, sans subir la dernière des injures et des injustices, tolérer que les autres religions lui soient égalées. >> Ces déclarations pontificales ont contribué à vider, lentement mais sûrement, les loges de leurs éléments chrétiens. L'intransigeance romaine a ainsi encouragé les réactions anticléricales et antireligieuses de certaines loges en France. Et si, aujourd'hui, Jean-Paul II n'inspire aucune confiance à beaucoup de francs-maçons, Jean XXIII reste, à leurs yeux, le champion toutes catégories de l'esprit de tolérance qu'ils entendent incarner.
Le poids de l'Histoire, les incompréhensions et les prises de position mutuelles sans véritables rencontres d'explications, le fait d'englober, à tort, toutes les maçonneries dans l'idée d'une seule et unique organisation, sont autant de raisons qui permettent de mieux comprendre les difficultés et les lenteurs d'aujourd'hui dans la progression du dialogue. Chrétienne à ses origines, œcuménique même, ce qui à l'époque représentait un péché pour l'Eglise, la franc-maçonnerie a connu un glissement vers le déisme, avant de faire sienne les opinions religieuses et philosophiques les plus diverses. Dans ce microcosme ont convergé tous les courants de pensée de l'époque moderne, non sans quelques heurts, parfois: les différentes attitudes des maçons français lors de la Révolution de 1789 ou de l'avènement de la IIIe République sont exemplaires à cet égard. A quoi il faut ajouter l'épisode douloureux de Vichy, durant lequel les francs-maçons furent franchement persécutés. Une période terrible qui n'a pas contribué à rétablir des liens entre franc-maçonnerie et Eglise.
Et aujourd'hui ? Sur certains dossiers, elles sont proches - racisme, chômage, etc. -, sur d'autres, elles sont éloignées. La maçonnerie dite "libérale" occupe, en France, la majeure partie du terrain. Le Grand Orient de France en constitue le pôle historique. Séparé depuis 1877 de la maçonnerie anglo-saxonne, il s'intéresse aux problèmes économiques, législatifs et culturels. Dans le domaine des mœurs, il s'est souvent opposé à la morale catholique, hier pour le divorce, la contraception ou l'avortement, aujourd'hui pour la légalisation de l'euthanasie. Son humanisme, sans être nécessairement athée, est plutôt agnostique. Très marqué par le rationalisme et le combat laïc, il a gardé un vieux fond d'anticléricalisme. " Comme chez les catholiques, nous avons dix pour cent d'intégristes ", admet l'un de ses membres.

GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS OU DIEU RÉVÉLÉ?

La Grande Loge de France, elle, a une position intermédiaire. Spiritualiste avant d'être humaniste, elle est favorable à une laïcité plus ouverte et manifeste un intérêt pour le fait religieux. Elle a d'ailleurs conservé la référence au Grand Architecte, sans pour autant l'identifier au Dieu révélé. Bien que ces obédiences soient tentées de s'exclure les unes les autres, toutes se réclament de la tradition maçonnique et tentent de nouer des liens entre elles... Ce qui est loin d'être évident. Surtout en ce qui concerne la Grande Loge nationale française (GLNF). Marginalisée au sein de la maçonnerie française, sa hantise est de se voir confondre avec les obédiences qu'elle qualifie d"'irrégulières" dans la reprise du dialogue avec l'Eglise. C'est ainsi que le père Michel Riquet, proche de la GLNF, n'a cessé de se battre, notamment dans ses chroniques au Figaro, pour faire reconnaître la spécificité de cette loge et éviter ainsi qu'elle ne soit condamnée par l'Eglise.
Une démarche jugée malheureuse par beaucoup de francs-maçons qui n'approuvent pas la discrimination entre bons et mauvais frères. C'est aussi l'avis du père Jean-François Six, ancien responsable du Service incroyance foi (Sif), et proche du Grand Orient. "La franc-maçonnerie est un chemin de sagesse, dit-il. Chaque obédience est porteuse de valeurs. La tolérance, le libre examen ou la liberté de conscience n'ont rien de condamnable. " Prêtre de la Mission de France, il sait aussi l'importance du dialogue avec les milieux incroyants marqués par une culture scientifique et agnostique. Et même s'il a l'impression de ne pas toujours être soutenu par l'Eglise, pas question pour lui d'abandonner la partie. "Les catholiques auraient-ils peur de perdre leur âme ? Les agnostiques ont pourtant beaucoup à nous apprendre sur la place du dogme ou sur l'importance de la recherche spirituelle. "
"Il faut tout de même distinguer les différentes obédiences et sortir du brouillard dans lequel nous sommes", répond le pasteur Michel Viot, membre de la Grande Loge nationale française. C'est pour lui une question d'honnêteté intellectuelle. "Il ne s'agit pas d'effectuer une quelconque discrimination, mais de permettre à chaque chrétien de choisir sa loge en connaissance de cause. " Plus mesuré que certains de ses frères qui n'hésitent pas à dénoncer le " sectarisme " du Grand Orient ou le " syncrétisme " de la Grande Loge de France, Michel Viot regrette simplement que les autres obédiences aient abandonné la règle maçonnique qui fait obligation de croire en un Dieu révélé.
Aujourd'hui, le scientisme rationaliste a fait long feu. De son côté, I'Eglise s'est adaptée au monde moderne et a intégré, en France tout au moins, le principe de laïcité. Francs-maçons et chrétiens se retrouvent sur le terrain pour défendre le tiers monde, les droits de l'homme et pour combattre le racisme. Jusqu'en 1983, la question de l'excommunication servait souvent de prétexte aux uns et aux autres pour éluder des possibilités réelles de collaboration, tout autant que de confrontations allant au plus profond. Les conditions d'un nouveau dialogue sont maintenant réunies. " Cette nouvelle situation nous impose à tous de reprendre ce dossier dans un autre état d'esprit, sans préjuger des évolutions qui en découleront", affirme Mgr Thomas. La rencontre du Centre Sèvres constitue une étape supplémentaire dans cette ouverture. L.G.





MICHEL BARAT

Un Grand Maître en jeans

C'était peu après 1968. Un étudiant en quête de sens et de raison de vivre, au milieu de la société de consommation triomphante, découvrait la franc-maçonnerie. En blue-jean, face aux frères en smoking, raconte-t-il, il découvrit une " exigence morale ". Le jeune homme en question est aujourd'hui, à quarante-quatre ans, Grand Maître de la seconde obédience maçonnique, la Grande Loge de France, I'un des plus jeunes grands maîtres de l'histoire de la maçonnerie. Et c'est vrai que ce bon vivant au visage rond sous des boucles rebelles, ce poète qui ponctue ses phrases en faisant claquer ses bretelles, ce prof de philo auteur d'une épaisse thèse sur les gnostiques, dégage une fraîcheur vivifiante. Depuis deux ans qu'il est Grand Maître, Michel Barat s'est promis de faire sortir la franc-maçonnerie de sa ..frilosité", de l'engager dans le débat public, et de faire entendre sa voix au côté des autres forces spirituelles du pays. En octobre 1991, il était l'un des principaux instigateurs de l'appel contre le rejet de l'étranger, signé, entre autres, par Mgr Decourtray, le pasteur Stewart et le rabbin Sirat.
Aussi ne décolère-t-il pas de voir la franc-maçonnerie utilisée comme thème racoleur par les news-magazines pendant les mois d'été, ou par les animateurs du petit écran en quête d'Audimat. Il y a un mois, il refusait de se rendre sur le plateau du Droit de savoir, de Patrick Poivre d'Arvor, sur TFl, pas du tout d'accord avec la diffusion d'images de pseudo-rites maçonniques et par refus d'entretenir le mythe de la "combine politique des frères": "La combine, elle est ailleurs, et d'abord dans les chaînes de télévision ! ", retourne-t-il à I'envoyeur.
Dans La conversion du regard (1), c'est de tout autre chose que Michel Barat parle: de l'initiation, du " double pari sur le sens, sur la transcendance, et sur la liberté de pensée " que fait tout franc-maçon. Un pari qui le rapproche souvent du croyant, et qui " est celui de l'espérance".
Mais si le croyant donne un nom, celui de Dieu, et pour les chrétiens, celui de Jésus-Christ, à cette transcendance, le franc-maçon, dit Michel Barat, veut " maintenir toujours ouverte la question du sens, et toujours se situer dans, la tension et l'effort du questionnement jamais satisfait". Sans jamais, dans cette quête spirituelle, abandonner la boussole de la raison, mai en refusant " la division de l'homme en être de raison et être de sentiment ".
Le fameux secret ? Non, la franc-maçonnerie ne fait pas de messes noires, précise sans rire Michel Barat, pas près de pardonner à un évêque d'outre-mer qui affirmait que les franc-maçons " volent des hosties dans les églises " Si l'on peut trouver toute la littérature qu'on veut sur les rites initiatiques - le meilleur et le pire -, il y a bien " une sorte de sentiment de pudeur " qui fait que la maçonnerie est discrète, spécialement en France où la persécution par le régime de Vichy n'est pas oubliée.
Mais le vrai secret, ajoute Michel Barat, c'est " ce que chacun a vécu et vit comme un chemin spirituel", cet incommunicable, "I'essence même de l'expérience vécue ".
Et le Grand Maître prend soin de le souligner: la franc-maçonnerie n'est pas une école de psychanalyse et encore moins une Eglise de substitution: " L'initiation, contrairement au sacrement, ne confère rien aux participants, elle est une mise en chemin sur la voie de la pensée et de la lumière qui ne peut indiquer la route qu'à l'homme "libre et de bonnes mœurs". "
Michel Barat voit rouge lorsqu'on suspecte les "philosophes de la Lumière " d'être " les ancêtres intellectuels du nazisme ". Le 5 décembre, lors d'un colloque sur les Lumières, organisé à Paris par L'Actualité religieuse dans le monde, il se prononcera justement en tant qu'héritier de ces Lumières, qu'il est capable de défendre avec fougue, s'il le faut. Vous avez dit frilosité ? N.B.



MARTINE, APPRENTIE DANS UNE LOGE MIXTE

" Comme ma première communion "

Elle aura bientôt cinquante ans. Elle travaille auprès de jeunes enfants. Elle est protestante. Depuis plusieurs années, elle appartient à une loge mixte reconnue par le Grand Orient. Sur son identité, vous n'en saurez pas davantage: Martine (appelons-la Martine) ne souhaite pas qu'un lecteur puisse la reconnaître. " Ça pourrait me nuire, explique-t-elle, les maçons sont traditionnellement des boucs émissaires. " Ses yeux clairs pétillent d'enthousiasme, et ses petites mains fines s'agitent devant son visage. Elle raconte.
" Quand mes enfants sont devenus indépendants, j'ai eu beaucoup plus de temps à moi. J'ai pu reprendre une quête personnelle entamée dès l'enfance: la recherche d'un groupe, d'un mouvement, où l'on travaille ensemble pour plus d'humanité. J'ai toujours eu la fibre sociale. C'est sans doute le résultat de mon éducation protestante, I'écho du "Aimez-vous les uns les autres ". J'ai d'abord cherché du côté de l'Eglise. J'allais davantage au culte et je participais à des rencontres autour de la Bible. Mais tout cela était trop abstrait. Alors j'ai fait un tour du côté de la politique: j'ai milité au parti socialiste, dans une cellule de base. Mais on en restait à des élucubrations très cérébrales sur les problèmes de société. Et il régnait là une ambiance de rivalités, de carriérisme qui me navrait.
"Alors j'ai pensé à la franc-maçonnerie. Je n'en savais pas grand-chose, sinon que les maçons se caractérisent par... disons une foi solide en l'être humain. J'espérais trouver en eux des gens préoccupés par autre chose que leurs ambitions personnelles et leur profit immédiat. J'ai pris ma plus belle plume, et j'ai écrit au Grand Orient. ns m'ont répondu que le GO n'acceptait que les hommes, et m'ont fourni un petit fascicule qui me présentait toutes les obédiences féminines et mixtes en France. J'ai opté pour une loge mixte: si on veut travailler pour le bien de l'humanité, il faut commencer par ne pas en exclure la moitié ! Le processus normal pour intégrer une loge s'est alors mis en marche. Je ne vous en dirai pas grand-chose, secret maçonnique oblige. Tout juste que la première étape est un entretien avec un membre de la loge. J'étais assez inquiète.J'avais peur de ne pas être assez brillante, assez intellectuelle pour qu'ils m'acceptent. Mais l'homme qui m'a donné rendez-vous était simple et chaleureux. Pendant plus de deux heures, il s'est attaché à vérifier mes motivations et mes attentes, pour éviter tout malentendu, et toute déception. Il m'a expliqué qu'une loge n'était ni un club de rencontres, ni un groupement politique, ni une université. J'ai apprécié son honnêteté. Et j'ai décidé de poursuivre le processus. La cérémonie d'initiation me laisse le souvenir d'un moment grave et beau, comme ma première communion, ou encore mon mariage. C'était il y a près de cinq ans.
"Je ne suis pas sûre, aujourd'hui, de vouloir poursuivre. J'adhère toujours à I'idéal des maçons, mais je m'étais fait d'eux une trop haute idée pour ne pas être déçue. Nous nous appelons "frères", mais à l'intérieur de la loge on trouve les mêmes rivalités, les mêmes difficultés de communication que n'importe où ailleurs. Il y a des altruistes et des ingrats, des individus généreux par moments et mesquins à d'autres... Comme tout le monde. Je pensais que la maçonnerie était un outil suffisamment puissant pour transformer profondément le
cœur de ses membres. Je me trompais. "
Et si la franc-maçonnerie n'était qu'une assemblée comme les autres, avec ses qualités. . . et ses défauts.M.D. 




FRANC-MACONNERIE, HISTOIRE ET COURANTS

Mon premier est ouvrier, mon second, commerçant. Mon troisième est ministre, sénateur ou député. Leur point commun ? Ils sont francs-maçons, partagent le même idéal et sont initiés aux mêmes secrets. Depuis le XVIIIe siècle, où elle a pris racine en France, la franc-maçonnerie fascine, intrigue, agace. A cultiver le goût du secret, elle a laissé le champ libre à tous les fantasmes: force occulte qui tire les ficelles du pouvoir ou complots maléfiques... D'autant que, chez les maçons, les rumeurs ne sont jamais démenties. Une règle parmi d'autres.
A l'origine, les confréries des bâtisseurs de cathédrale qui, au Moyen Age, protègent jalousement l'art d'élever des temples à la gloire de Dieu. En 1723, le pasteur presbytérien James Anderson applique dans le Livre des Constitutions ces méthodes de construction à l'homme lui-même: le maçon devient pierre vivante qu'il façonne et modèle à l'aide d'outils. Lorsqu'il aura suffisamment travaillé sur lui-même, il pourra s'intégrer à l'édification du " Temple idéal de l'humanité, à jamais inachevé ", et contribuer à une société meilleure. D'où, le foisonnement des symboles empruntés aux bâtisseurs - équerre, compas, truelle, maillet, ciseau, règle, niveau - et qui renvoient à des valeurs morales.
Voltaire, Mozart, Sade, Jules Ferry,Churchill, Mendès France, John Wayne, Salvador Allende, Yvette Roudy ou Roland Dumas: la liste est longue des initiés célèbres. Les francs-maçons sont aujourd'hui entre sept et dix millions dans le monde, 70 000 en France, répartis dans une dizaine d'obédiences, fédérations de loges qui acceptent la même autorité.
• Le Grand Orient de France est la loge la plus ancienne (depuis 1773) et la plus importante avec 30 000 initiés. Interdit aux femmes, il a supprimé en 1877 toute référence à l'existence de Dieu et à l'immortalité de l'âme.
• La Grande Loge de France, née en 1894 d'une scission avec le Grand Orient, compte près de 20 000 initiés, et se réfère au " Grand Architecte de l'Univers ". Elle est exclusivement masculine.
• La Grande Loge nationale française, fondée en 1913, revendique " I'absolue croyance en Dieu et en sa volonté révélée>>. Seule obédience "régulière", reconnue au niveau international, elle est interdite aux femmes et compte près de 15 000 initiés.
• Le Droit humain, née en 1894 d'une scission du Grand Orient, est mixte et compte 10000 membres.
• La Grande Loge féminine, fondée en 1952 et proche du Grand Orient, regroupe plus de 8 000 sœurs.C.L.




COMMENT DEVIENT-ON FRANC-MACON

Les loges recrutent le plus souvent par cooptation et soumettent les candidats à un véritable examen de passage. Chaque loge se réunit tous les quinze jours ou tous les mois. Elle se veut la représentation d'un monde idéal, sous la voûte symbolique du Temple, semée d'étoiles. La séance, ou tenue, est minutieusement orchestrée: apprentis, compagnons et maîtres ont leur place et s'y tiennent. Le Vénérable préside à l'Orient, assisté de ses officiers: le maître des cérémonies conduit les maçons à leur place, I'orateur veille au respect du règlement, I'expert à celui des rites, le trésorier gère les finances, et le couvreur s'assure que la loge est couverte, à l'abri des regards ou des oreilles indiscrètes.
Les débats sont alors ouverts, et les maçons peuvent à loisir faire et défaire le monde. Avec une discipline très stricte. Pas question d'interrompre un orateur, ni même de soupirer lorsqu'il s'exprime. Quant à l'apprenti, initié depuis moins d'un an, il écoute, mais garde le silence, en signe d'humanité.
Véritables laboratoires d'idées, les loges du Grand Orient ont mené avec Jules Ferry le combat pour l'école publique. Puis, celui des grandes réformes sociales, congés payés ou semaine de quarante heures. Les textes des lois sur la régulation des naissances et sur l'IVG ont été rédigés par des francs-maçons. L'ensemble des loges s'attellent aujourd'hui au chômage, à la faim dans le monde, et à l'immigration. Elles ont déclaré la guerre au racisme, à l'extrême droite et traquent les intégrismes.C.L.

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 15:22
Qui n'a pas rencontré des FRANCS-MAÇONS ? J'en ai rencontré comme chacun d'entre nous de toutes sortes : d'insupportables assoiffés de pouvoir temporels ou assoiffés de pouvoir ou connaissances ésotériques, mais aussi de braves mecs simplement curieux, ou à la recherche d'une famille associative, ou en recherche tout simplement.
Bref, un panel assez représentatif de notre société. Rien donc me semblait-il de suffisamment inquiétant pour ne pas continuer à jeter sur eux un regard compréhensif.
«La TRILATÉRALE ? BILDERBERG ? Bof, faut arrêter avec les théories de la conspiration», pensais-je alors.

Cette idée était confortée par les nombreux efforts de dialogue des instances religieuses, en particulier catholiques, avec les FRANC-MAÇONS dites «inter-religieuses» qui semblait une sorte de reconnaissance officielle et élevait la FRANC-MAÇONNERIE, en quelque sorte, au statut de religion et à qui on tendait la main fraternellement au nom de l’œcuménisme.CLIQUEZ ICI link

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 14:17

Des documents explosifs et irréfutables prouvent une bonne fois pour toute que le Dalai Lama est le bras armé des illuminatis, il sert a installer le Nouvel Ordre Mondial aupres des Boudhistes.

 

1- On sait que le Vatican fait parti du Nouvel Ordre mondial est que sa branche dure sont les Jésuites.

2- On sait que c'est l'organisation "Les Frères Musulmans" conduite par le frère de Tarik Ramadan (on comprend mieux pourquoi il passe tant a la TV) qui conduit le Nouvel Ordre Mondial pour les Musulmans

3 – Pour les Juifs tout le monde a bien compris que c'était l'Etat Sioniste d'Israel avec BHL en france et toute la clique qui conduit le Nouvel Ordre Mondial pour les fidèles Juifs.

Par contre ce que peu de personnes savaient c'est le point 4, et pourtant c'est d'une telle évidence quand on y réfléchi bien…

4 – Le Dalai Lama, ami des Nazis en tout genres, passés comment présent, est le porte parole du Nouvel Ordre Mondial aurpès des Boudhistes, et je vais vous apporter la preuve dans quelques secondes. CLIQUEZ SUR CE LIEN  link

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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 14:01

Certains commentateurs ont expliqué la position française lors des négociations 5+1 avec l’Iran comme dictée par l’Arabie saoudite, ou encore en faisant référence à la judéité de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. C’est ignorer que la politique française au Proche-Orient a profondément changé en neuf ans.

Tout a commencé, en 2004, avec la rupture entre Jacques Chirac et Bachar el-Assad. Le président syrien avait promis à son homologue français de favoriser Total lors d’un appel d’offres. Mais, lorsque la proposition française parvint au palais, elle était si désavantageuse pour le pays que le président se ravisa. Furieux, Jacques Chirac rompit avec la Syrie et présenta la résolution 1559 au Conseil de sécurité.

Puis, les Français élirent Nicolas Sarkozy sans savoir qu’il avait été partiellement élevé par un des principaux chefs de la CIA, Frank Wisner Jr. Non content d’avoir été fabriqué par les États-Unis, il s’était découvert des origines juives et avait cultivé ses relations israéliennes. Sa politique internationale était dictée par Washington, mais comme à l’époque il n’y avait pas de différence entre celle d’Israël et celle des États-Unis, il apparut seulement comme faisant bloc avec eux.

François Hollande avait été désigné durant 10 ans comme secrétaire général de son parti en raison de sa médiocrité : ne dirigeant aucun courant et n’étant vassal d’aucun leader, il pouvait tenir la maison en maintenant un équilibre entre les prétendants à l’Élysée. Il s’attacha à ne jamais avoir d’opinion personnelle, à rester le plus transparent possible. De sorte que durant sa campagne électorale présidentielle chacun crut avoir affaire à un homme modéré qui saurait s’entourer de personnalités éprouvées. Ses électeurs en sont les premiers meurtris.

La réalité de François Hollande ne se révéla qu’une fois parvenu à l’Élysée. Expert en politique intérieure, il ne connaît pas grand-chose aux relations internationales. Dans ce domaine, ses convictions lui viennent d’illustres personnalités socialistes.

Ainsi, a t-il placé son investiture sous les auspices de Jules Ferry, théoricien de la colonisation. Dans Le Figaro, son ami, le président israélien Shimon Pérès l’a comparé élogieusement à Léon Blum et à Guy Mollet, bien que celui-ci ne soit plus populaire en France. En 1936, le premier avait proposé de doubler le Royaume-Uni en créant l’État d’Israël au Liban, qui était alors sous mandat français. En 1956, le second tenta de s’emparer du Canal de Suez avec l’aide de l’armée israélienne.

Durant ses dix années à la tête du Parti socialiste, François Hollande a limité ses interventions sur le Proche-Orient, dont voici un bref florilège : 
• En 2000, alors que le Sud du Liban est occupé, il prépare avec Bertrand Delanoe le voyage du Premier ministre Lionel Jospin en Palestine. Son discours comprend une condamnation du Hezbollah qu’il assimile à un groupe terroriste. 
• En 2001, il exige la démission du géopoliticien Pascal Boniface, coupable d’avoir critiqué dans une note interne le soutien aveugle du Parti à Israël. 
• En 2004, il écrit au Conseil supérieur de l’Audiovisuel pour remettre en cause l’autorisation d’émettre donnée à Al-Manar. Il ne cessera ses pressions qu’une fois la chaîne de la Résistance censurée. 
• En 2005, il est reçu à huis clos par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Selon le compte rendu de la réunion, il aurait apporté son soutien à Ariel Sharon et aurait vivement critiqué la politique arabe gaulliste. Il aurait déclaré : « Il y a une tendance qui remonte à loin, ce que l’on appelle la politique arabe de la France et il n’est pas admissible qu’une administration ait une idéologie. Il y a un problème de recrutement au Quai d’Orsay et à l’ENA et ce recrutement devrait être réorganisé ». 
• En 2006, il prend position contre le président Ahmadinejad qui a invité à Téhéran des rabbins et des historiens, dont des négationnistes. Il feint d’ignorer le sens du congrès, qui visait à montrer que les Européens avaient substitué la religion de l’Holocauste à leur culture chrétienne. Et, à contre-sens, il explique que le président iranien entend nier le droit des Israéliens à exister et qu’il s’apprête à poursuivre l’Holocauste. 
• Il se mobilise pour la libération du soldat israélien Gilad Shalit, au motif que celui-ci dispose de la double nationalité française. Peu importe que le jeune homme ait été fait prisonnier alors qu’il servait dans une armée d’occupation en guerre contre l’Autorité palestinienne, également alliée de la France. 
• En 2010, il publie avec Bertrand Delanoe et Bernard-Henri Lévy, une tribune libre dans Le Monde pour s’opposer au boycott des produits israéliens. Selon lui, le boycott serait une punition collective, infligée aussi aux Israéliens qui œuvrent à la paix avec les Palestiniens. Un raisonnement qu’il n’avait pas tenu lors de la campagne similaire contre l’apartheid en Afrique du Sud.

En définitive, avant le rapprochement franco-saoudien, et même avant d’être président, François Hollande avait déjà exprimé son soutien à l’État colonial israélien. Et il avait déjà condamné l’Axe de la Résistance (Iran, Syrie, Hezbollah). La vérité est donc inverse : appliquant l’Accord du Quincy, l’Arabie saoudite s’est rapprochée de la France en raison de sa politique pro-israélienne.

La politique du Parti socialiste en général et de François Hollande en particulier trouve ses racines dans le colonialisme du XIXe siècle, dont Jules Ferry fut un héraut et Theodor Herzl un promoteur. Aujourd’hui, les sionistes du parti se sont regroupés à l’initiative de Dominique Strauss-Kahn au sein du discret et puissant Cercle Léon Blum… dont le président d’honneur, Jean-Marc Ayrault, est devenu Premier ministre de François Hollande.

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 21:38

Faisant mine de croire à une attaque chimique du gouvernement syrien contre son propre peuple, Washington, Londres et Paris battent les tambours de la guerre. Faut-il prendre ces menaces au sérieux de la part d’États qui annoncent comme imminente, depuis plus de deux ans, la chute de la Syrie ? Bien qu’il ne faille pas exclure cette option, elle est moins probable qu’une intervention organisée par l’Arabie saoudite. Cette agitation aurait plutôt comme objectif de tester les réponses de la Russie et de l’Iran.

 

 

Quelle mouche a donc piqué le Prix Nobel de la Paix Barack Obama ? Dimanche 25 août, la Maison-Blanche a diffusé un communiqué dans lequel un haut-fonctionnaire anonyme explique qu’il y a « très peu de doutes » de l’usage par la Syrie d’armes chimiques contre son opposition. Le communiqué ajoute que l’accord de la Syrie pour laisser pénétrer les inspecteurs de l’Onu dans la zone concernée vient « trop tard pour être crédible ».

Si l’usage d’armes chimiques dans la banlieue de Damas, le mercredi 21 août 2013 est fort probable, le Conseil de sécurité des Nations-Unies n’a pas conclu qu’il était le fait du gouvernement syrien. Réuni en urgence à la demande des Occidentaux, les ambassadeurs ont eu la surprise de voir leur collègue russe leur présenter des photos satellites montrant le tir de deux obus, à 01h35 du matin, depuis la zone rebelle de Douma dans les zones rebelles affectées par les gaz (à Jobar et entre Arbin et Zamalka) à des heures coïncidant avec les troubles relatés. Les photos ne permettent pas de savoir s’il s’agit d’obus chimiques, mais elles laissent penser que la « Brigade de l’islam », qui occupe Douma, a fait d’une pierre trois coups : d’une part éliminer les soutiens de ses rivaux au sein de l’opposition, d’autre part accuser la Syrie d’avoir recours aux armes chimiques, enfin perturber l’offensive de l’armée arabe syrienne pour dégager la capitale.

Si le gouvernement syrien —comme son ennemi israélien— n’est pas signataire de la Convention contre les armes chimiques et dispose de stocks importants, les jihadistes en ont aussi, comme l’a confirmé Carla del Ponte à la grande fureur du haut-Commissaire aux Droits de l’homme. En décembre, l’Armée syrienne libre avait diffusé une vidéo montrant un laboratoire chimique et menaçant les alaouites. Cette semaine, le gouvernement a découvert plusieurs caches d’armes chimiques, de masques à gaz et d’antidotes, dans la banlieue de Damas. Les produits provenaient d’Arabie saoudite, du Qatar, des États-Unis et des Pays-Bas. C’est d’ailleurs à la demande du gouvernement syrien, et non des Occidentaux, que des inspecteurs de l’Onu sont présents en Syrie pour deux semaines, afin d’enquêter sur les allégations d’usage. Enfin, le 29 mai 2013, la police turque a arrêté une douzaine de membres du Front Al-Nosra et saisi des armes chimiques qui devaient être utilisées en Syrie.

Pourtant, vendredi le président Obama réunissait son Conseil national de sécurité pour examiner les options d’attaque contre la Syrie en présence de l’ambassadrice Samantha Power, chef de file des faucons libéraux. Il décidait de renforcer la présence militaire US en Méditerranée en y envoyant un quatrième destroyer, chargé de missiles de croisière, l’USS Ramage. Il s’ajoute à l’USS Gravely, l’USS Barry et l’USS Mahan qui est maintenu sur zone alors qu’il devait rentrer au port.

Samedi il appelait au téléphone le Premier ministre britannique David Cameron. Et dimanche, il parlait avec le président français François Hollande. Les trois hommes convenaient qu’il fallait intervenir sans préciser de quelle manière. Dimanche encore, le secrétaire d’État John Kerry appelait ses homologues britannique, français, canadien et russe pour leur dire que les États-Unis avaient la conviction que la Syrie avait franchi la « ligne rouge ». Si ses trois premiers interlocuteurs l’écoutaient petit doigt sur la couture du pantalon, le Russe Sergey Lavrov s’étonna que Washington se prononce avant le rapport des inspecteurs des Nations Unies. Il lui répondit sur les « conséquences extrêmement graves » que représente une intervention dans la région.

Lundi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian était au Qatar et devait se rendre aux Émirats pour se coordonner avec eux. Tandis que le conseiller de sécurité nationale israélien, le général Yaakov Amidror, était reçu à la Maison-Blanche. Lors d’un entretien téléphonique entre le premier ministre britannique David Cameron et le président russe Vladimir Poutine, ce dernier a souligné qu’il n’existait aucune preuve de l’usage d’armes chimiques par la Syrie. De son côté, le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Li Baodong, a téléphoné à son homologue US, Wendy R. Sherman, pour appeler les États-Unis à la retenue. Conscient du risque de guerre régionale dont les chrétiens seraient les premières victimes, le pape François Ier a réitéré ses appels à la paix.

Doit-on pour autant penser que les Occidentaux vont entrer en guerre sans mandat du Conseil de sécurité, comme l’Otan le fit en Yougoslavie ? C’est peu probable car à l’époque la Russie était en ruines, aujourd’hui elle devrait intervenir après avoir émis trois vétos pour protéger la Syrie ou renoncer à toute action internationale. Cependant Sergey Lavrov a sagement écarté une Troisième Guerre mondiale. Il a indiqué que son pays n’était pas prêt à entrer en guerre contre qui que ce soit, même à propos de la Syrie. Il pourrait donc s’agir d’une intervention indirecte de soutien à la Syrie, comme le fit la Chine durant la guerre du Vietnam.

L’Iran a alors fait savoir, par le biais de son chef d’état-major adjoint, Massoud Jazayeri, que pour lui l’attaque de la Syrie serait le franchissement de la « ligne rouge » et que, si elle passait à l’acte, la Maison-Blanche endurerait de « graves conséquences ». Certes l’Iran n’a ni les moyens de la Russie, ni ses alliances, mais elle fait certainement partie des 10 premières puissances militaires mondiales. Dès lors, attaquer la Syrie, c’est prendre le risque d’une riposte sur Israël et de soulèvements dans une grande partie du monde arabe, notamment en Arabie saoudite. L’intervention récente du Hezbollah libanais et les déclarations de son secrétaire général Hassan Nasrallah, comme celles de l’organisation palestinienne FPLP-Commandement général, ne laissent aucun doute.

Interrogé par la presse russe, le président syrien Bachar el-Assad, a déclaré : « Les déclarations émises par des politiciens états-uniens, occidentaux et d’autres pays constituent une insulte au bon sens et une expression de mépris envers l’opinion publique de leurs peuples. C’est un non-sens : d’abord on accuse, ensuite on rassemble les preuves. Cette tâche est menée par un pays puissant, les États-Unis (…) Ce genre d’accusation est exclusivement politique, elles répondent à la série de victoires enregistrées par les forces gouvernementales sur les terroristes ».

En Russie, le président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma, le journaliste et géopoliticien Alexeï Pouchkov, a commenté sur son compte Twitter : « Washington et Londres ont déclaré Assad coupable bien avant les conclusions des inspecteurs de l’Onu. Ils n’accepteront qu’un verdict de culpabilité. Tout autre verdict sera rejeté ».

Le principe d’une nouvelle guerre en Syrie cadre mal avec les problèmes économiques des États-Unis et des Européens. Si vendre des armes est un moyen de gagner de l’argent, détruire un État sans espérer de retour sur investissement à court ou moyen terme, ne pourra qu’aggraver la situation.

Selon un sondage Reuters/Ipsos réalisé après l’attaque du 21 août, 60 % des États-Uniens sont opposés à une intervention en Syrie contre 9 % qui y sont favorables. S’ils étaient convaincus de l’usage d’armes chimiques par la Syrie, ils resteraient 46 % à s’opposer à la guerre et deviendraient 25 % à la soutenir. Le même sondage indique que les États-uniens apprécient encore moins la guerre secrète : ils sont 89 % à déclarer qu’il ne faut pas plus armer les rebelles, contre 11 % qui veulent les armer encore. Enfin, quatre options étaient proposées aux sondés : des frappes aériennes (soutenues par 12 %), la création d’une zone de non survol (11 %), le financement d’une force multinationale (9 %), et une intervention US directe (4 %). 
En France, Le Figaro, édité par le marchand d’armes Dassault, a posé la question à ses lecteurs : au bout d’une journée, ils étaient 79,60 % à s’opposer à la guerre contre 20,40 % à la soutenir. 
Il sera certainement difficile pour les Occidentaux de renverser leur opinion publique et d’entrer en guerre.

Une autre interprétation des événements est possible : certaines des vidéos montrant les victimes des attaques chimiques ont circulé sur Internet quelques heures avant les attaques. Il sera donc toujours possible aux Occidentaux de « découvrir » la supercherie le moment venu et de faire machine arrière. Cependant l’affaire des armes chimiques en Irak a montré que les Occidentaux pouvaient mentir à la communauté internationale et le reconnaître sans conséquence une fois leur forfait accompli.

Les accusations des jihadistes et de leurs sponsors occidentaux interviennent alors que l’Armée arabe syrienne lançait une vaste offensive, « Bouclier de Damas », pour dégager la capitale. Le tir des deux obus de la « Brigade de l’islam » correspondent au début de cette offensive qui s’est déroulée durant 5 jours et s’est soldée par d’importantes pertes parmi les jihadistes (au moins 1 500 blessés et tués, sur les 25 000 présents). Toute cette agitation peut n’être qu’une guerre psychologique à la fois pour masquer cette défaite et pour tenter de paralyser l’offensive syrienne. C’est surtout un moyen pour Washington de tester la réponse iranienne après l’élection de cheikh Hassan Rohani à sa présidence. Et il est désormais clair que celui-ci ne pourra pas s’opposer à la politique du Guide de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei.

Cependant, durant la guerre contre la Libye, j’avais sous-estimé la possibilité des États-Unis de violer toutes les règles, y compris celles de l’Otan. Alors que, me basant sur des documents de l’Alliance atlantique, j’insistais sur la longue capacité de résistance de la Jamahiriya face à son opposition armée, j’ignorai la tenue d’une réunion secrète sur la base Otan de Naples, dans le dos du Conseil atlantique. À l’époque, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, le Danemark et la Turquie, ainsi qu’Israël, le Qatar et la Jordanie planifiaient en secret l’usage des moyens de l’Alliance pour bombarder Tripoli [1]. Ne faisant pas confiance à leurs alliés, qu’ils savaient opposés à une attaque si coûteuse en vies humaines, ils ne les avaient pas prévenus. L’Alliance atlantique n’était plus une Alliance proprement dite, mais une Coalition ad hoc. En quelques jours, la prise de Tripoli fit au moins 40 000 morts, selon les rapports internes de la Croix-Rouge. Un tel dispositif est peut-être en cours d’organisation : les chefs d’état-major d’à peu près les mêmes États, plus l’Arabie saoudite et le Canada, sont réunis depuis dimanche et jusqu’à ce soir à Amman, sous la présidence du commandeur du CentCom, le général Lloyd J. Austin III. Ils envisagent cinq options possibles (fournitures d’armes aux Contras ; bombardements ciblés ; création d’une zone de non-survol ; mise en place de zones tampons ; et invasion terrestre).

La presse atlantiste appelle à la guerre. Le Times de Londres l’annonce.

Le président Barack Obama pourrait ainsi suivre le plan de guerre établi par son prédécesseur George W. Bush, le 15 septembre 2001, qui prévoyait, outre les attaques de l’Afghanistan et de l’Irak, celles de la Libye et de la Syrie, ainsi que l’a révélé l’ancien commandeur de l’Otan, le général Wesley Clark [2]. Sauf que, pour la première fois, la cible dispose d’alliances sérieuses.

Toutefois, la nouvelle rhétorique US contredit l’ensemble des efforts de l’administration Obama depuis un an qui s’est appliquée à éliminer les obstacles à la tenue de la conférence de Genève 2 : démission du général David Petraeus et des partisans de la guerre secrète ; non-renouvellement du mandat d’Hillary Clinton et des ultra-sionistes ; mise en examen des opposants irréductibles à une alliance avec la Russie, notamment au sein de l’Otan et du Bouclier antimissiles. Il contredit également les efforts de John Brennan de provoquer des affrontements au sein de l’opposition armée syrienne ; d’exiger l’abdication de l’émir de Qatar ; et de menacer l’Arabie saoudite.

Côté syrien, on se prépare autant que se peut à toute éventualité, y compris un bombardement par l’Otan contre les centres de commandement et les ministères coordonné à un assaut des jihadistes contre la capitale. Cependant, l’option la plus probable n’est pas le déclenchement d’une guerre régionale qui déborderait les puissances occidentales. C’est une attaque, à l’automne, supervisée par l’Arabie saoudite, et endossée par les combattants qu’elle recrute actuellement. Éventuellement, cette opération pourrait être soutenue par la Ligue arabe.

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 13:06

Au travers des quatre coins du globe, Nelson Mandela fait office de héros mythique ayant lutté contre le racisme de l’apartheid jusqu’au bout de ses forces, un combat qui l’a amené à passer presque 28 ans derrière les barreaux pour finalement triompher en étant libéré, participant activement à la fin de l’apartheid puis pour finir par devenir le président de ce pays où il était emprisonné.
Il a l’image d’un homme courageux, bon, inébranlable, encensé par toutes les élites (en particuliers occidentales) de tous les courants sociaux-démocrates et républicains qui basent leur politique économique sur le capitalisme mondialisé ultra-libéral et spéculatif… et justement c’est à partir de là que doit naître le doute. Pourquoi un homme qui a combattu pour le bien de son peuple est-il monté en exergue par ceux-là même qui visent la domination mondiale et l’enrichissement en spoliant la plus-value extraite des richesses inhérentes aux biens communs de ce même peuple ? Pourquoi cette unanimité ? Quelque chose cloche chez ce personnage haut en couleur dont l’histoire est entourée d’un voile de mystère. Et nous tenterons d’y voir plus clair dans cet essai.

- Les débuts de Mandela et son histoire au sein de la résistance de l’ANC.

Nelson Mandela est né le 18 juillet 1918 à Transkei en Afrique du Sud au sein de la maison royale des Thembus. Il obtient un diplôme de droit en 1942 et c’est à cette même période qu’il rejoint l’ANC (African National Congress – Congrès National Africain, un parti politique fondé en 1912, pour défendre les intérêts de la majorité noire contre la minorité blanche, un combat pour renverser l’ordre social. Le parti nouera des liens avec le parti communiste sud-africain à partir de 1930). En 1944 Nelson Mandela, Walter Sisulu et Oliver Tambo fondent la ligue de jeunesse de l’ANC, plus radicale que son aînée dans son mode d’expression, partisane de manifestations de masse pour faire céder le pouvoir politique blanc. Vient alors 1948, l’année horrible. A la surprise générale, le Parti national remporte les élections blanches, sur la peur du « Swart Gevaar » (le « péril noir ») et sur son programme : « Die kaffer op sy plek » (« Le nègre à sa place »). Le premier ministre, un ancien pasteur de l’Eglise réformée hollandaise, le Dr Daniel Malan, construit immédiatement, brique par brique, loi par loi, le mur du « grand apartheid » (en opposition à l’ »apartheid mesquin » qui prévalait jusque-là). L’apartheid est un mot afrikaans (langue issue du néerlandais) qui signifie séparation. C’est un régime de ségrégation des gens de couleur (noirs, métis et indiens) appliqué en Afrique du Sud jusqu’en 1994.

C’est au nom de ce régime que s’est ordonné de 1948 à 1992 l’ordre racial dans l’État sud-africain. Toute la vie quotidienne était rigoureusement codifiée par un ensemble de lois extrêmement précises pour chaque communauté, allant jusqu’aux bancs publics assignés à tel groupe racial. Tout citoyen devait détenir une carte d’identité précisant sa race. Cette politique s’appuyait aussi sur une lutte anticommuniste (le parti communiste fut interdit en 1950, les membres du parti communiste avait rejoint l’ANC) pour se légitimer idéologiquement aux yeux du monde.

De ce fait le combat de l’ANC s’intensifie, et en 1949 les jeunes loups de « la ligue de la jeunesse de l’ANC prennent le pouvoir à la tête de l’ANC. Petit à petit le mouvement prend de l’ampleur au sein de la population et en 1952, la campagne de défi (non-respect des lois d’apartheid) qui dure plusieurs mois, rencontre un énorme succès. A tel point que le 30 juillet 1952, Mandela est arrêté par la police. Il est condamné, avec d’autres camarades, à neuf mois de travaux forcés, mais la sentence reste suspendue pendant deux ans. Nelson Mandela devient dangereux pour le pouvoir. A cette même période, le noyau dirigeant de l’ANC se prépare déjà à l’éventualité d’une interdiction, donc d’un travail clandestin, mais pas encore de la lutte armée même si Mandela commence à y songer face à un pouvoir blanc qui devient de plus en plus violent. Un pouvoir blanc qui songe à raser Sophiatown, la township rebelle de la banlieue de Jo’burg. Face à cette menace Mandela affirmera que le temps de la résistance passive est terminé, la non-violence est une stratégie vaine, elle ne renversera jamais une minorité. Et il n’avait pas tort car Sophiatown sera rayée de la carte le 9 février 1955 malgré la résistance de la population, mais ses habitants emporteront avec eux leur révolte dans leur nouvelle ville, baptisée d’après son emplacement géographique : South West Townships : Soweto.

Et c’est dans ce climat que les 25 et 26 juin 1955, à Kliptown, l’ANC adopte la Charte de la liberté, véritable manifeste politique au long cours. Pour la première fois, l’organisation ne se contente pas de critiquer les lois d’apartheid, mais propose l’avènement d’une Afrique du Sud démocratique et non-raciale. Autre visée. Autre portée. Autre réaction du pouvoir. C’est trop pour le pouvoir en place qui fait preuve d’une répression de plus en plus dure.

C’est ainsi que le 5 décembre 1955, à Soweto Mandela et 91 autres membres de l’ANC sont accusés de haute trahison, ils encourent la peine de mort ! Le procès (nommé « Le Procès de la trahison ») débutera donc en cette année pour s’achever le 29 mars 1961, 5 ans durant lesquelles un événement majeur changera la face de l’Afrique du sud en interne et en externe.
Le 21 mars 1960, c’est le massacre de Sharpeville. Dans cette petite township à 50 kilomètres au sud de Johannesburg, la police ouvre le feu contre des manifestants. Bilan : soixante-neuf morts. La communauté internationale condamne et certains pays adoptent des sanctions. En cette même année 1960, l’ANC et les organisations noires sont interdites après le massacre de Sharpeville.

Pendant ce temps « Le procès de la trahison » tourne à la démonstration de la part des accusés. Le tribunal de Pretoria devient une sorte de tribune permanente pour l’ANC. Les avocats de la défense tournent plus d’une fois les procureurs en ridicule. La presse internationale s’en fait l’écho. Le pouvoir préfère arrêter les frais. Le 29 mars 1961, le juge Rumpff conclut : « Les accusés sont déclarés non coupables et acquittés. ».
Nelson Mandela sort libre du tribunal mais entre immédiatement dans la clandestinité.

En juin 1961, l’ANC tient une réunion clandestine, l’une des plus importantes de son histoire. Sur proposition de Mandela, et après des heures de débat houleux, le mouvement anti-apartheid décide de se lancer dans la lutte armée en créant une organisation militaire. Son nom : Umkhonto we Sizwe (le fer de lance de la nation). Son chef : Nelson Mandela. Son siège : la ferme de Liliesleaf, à Rivonia, « une banlieue bucolique au nord de Johannesburg ». C’est là que Mandela lit De la guerre de von Clausewitz, la Révolte de Menahem Begin. Il se documente sur les armées de guérilla du Kenya, d’Algérie et du Cameroun avant de se rendre sur place au cours de l’année 1962. Il met au point des explosifs et commence à diriger les premières opérations armées.
Le 5 août 1963, Mandela est arrêté suite à la dénonciation de voisins. Il a quarante-quatre ans. Au cours de son procès, Mandela, dans un prétoire glacé et silencieux, fait une déclaration retentissante :

« Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche, et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Il est condamné à la prison à vie, il y passera presque 28 ans. L’ANC est totalement démantelée.

- Les années prison, les mystérieuses négociations et la libération.

Durant ses 28 ans en prison, il s’efforcera de continuer la lutte idéologiquement via les discussions politiques avec ses codétenus, et surtout le maintien du contact avec l’extérieur, grâce à l’aide d’un prisonnier de droit commun surnommé Joe my Baby, qui fait entrer et sortir en fraude des messages de la prison. Pendant ce temps là, en dehors le gouvernement sud-africain -s’appuyant sur la lutte contre la menace communiste- joui de l’indifférence de la communauté internationale voir de son appuie pour certains (USA et Israël entre autre). A partir de 1959, le gouvernement sud-africain en profitera pour accentuer sa politique des bantoustans visant à déplacer les populations noires (qui vivaient majoritairement dans les township), les parquant par ethnie dans des territoires nommés bantoustans. Territoire qui jouiront d’une autonomie accrue voir de quasi-indépendance, ceci était un moyen pour réduire les quelques droits dont bénéficiaient encore les Noirs en Afrique du Sud. Et à partir de 1970, le pouvoir décide de retirer la nationalité sud-africaine à tous ceux qui vivaient dans les bantoustans. Leur but était désormais claire, il ne devait plus rester un noir en Afrique du Sud.

Puis vint la révolte dans le township de Soweto en 1976. Les émeutes de Soweto étaient une manifestation d’adolescents noirs en Afrique du Sud le 16 juin 1976, protestant contre l’imposition de l’enseignement exclusif en langue afrikaans et qui dégénéra lorsque la police ouvrit le feu. Le bilan est officiellement de 23 morts et 220 blessés, mais le bilan réel n’est pas vraiment connu. On parle de plusieurs centaines de morts, et on avance parfois 575 morts dont 570 noirs. Les derniers membres de l’ANC qui s’étaient exilés à l’étranger en profite alors pour envoyer de nombreux militants entretenir la contestation contre le régime blanc et de nouvelles recrues rejoignent Umkhonto we Sizwe. À partir de 1977, les actions de sabotage de l’ANC retrouvé se multiplient et certains d’entre eux sont meurtriers. A partir de cette date les émeutes se propagèrent dans tous les townships du pays et leur répercussion dans l’opinion internationale fut telle qu’elle obligea en 1977 l’ONU à décréter un embargo sur les ventes d’armes à destination de l’Afrique du Sud. La répression du gouvernement s’intensifiera aussi, entraînant de multiples arrestations.

Dans les années 80, l’embrasement continuera de s’étendre, tout comme les contestations à l’échelle internationale entraînant l’appel au boycott de l’Afrique du sud (comme le fait actuellement le mouvement BDS contre Israël). De plus, avec l’effondrement de plus en plus certain du régime soviétique, le gouvernement sud-africain ne pouvait pas éternellement continuer à se servir de l’épouvantail communiste pour légitimer sa politique raciste. L’essor du nouvel ordre mondial sur le mode démocratie libérale mettait les dirigeants sud-africains face à un choix de survie… le gouvernement de l’apartheid est aux abois, isolé sur la scène internationale, il peine à réprimer les rassemblements anti-régime dans les townships, l’histoire est en marche et il se doit de trouver une solution pour s’en sortir « indemne ». C’est alors qu’en 1982 Nelson Mandela est transféré à la prison de Pollsmoor et bénéficie d’un « régime de faveur ». La stratégie du pouvoir devient claire le 31 janvier 1985. Ce jour-là, P. W. Botha, le premier ministre, propose de libérer le plus vieux détenu politique du monde s’il rejette « de façon inconditionnelle la violence politique ». Mandela refusera puis débutent alors des négociations, négociations qui seront tenues secrètes et même aujourd’hui nous ne savons pas réellement ce qui s’y était négocié (comme le disait Gbagbo) hormis quelques détails comme le fait que Mandela ait refusé l’idée d’un droit de veto pour la minorité blanche au sein des futures institutions. Entre 1988 et 1989, les négociations s’accélèrent, Frederik de Klerk succède à Botha en août 1989 à la tête de l’état sud-africain. Le mur de Berlin est tombé, le gouvernement de l’apartheid ne peut plus prétendre s’opposer à l’ANC pour enrayer l’expansion communiste, l’Afrique du Sud est du mauvais côté de l’histoire, il faut faire vite.

C’est alors que le 2 février 1990, de Klerk annonce la libération de Mandela et la fin de l’interdiction de l’ANC. Le 11 février, Mandela franchit à pied les derniers mètres de sa « longue marche vers la liberté ».

- Fin de l’apartheid, gloire et président.

Les négociations constitutionnelles sur l’avenir de l’Afrique du Sud commencent entre l’ANC, le gouvernement, le Parti National et les autres mouvements noirs ou conservateurs. Nelson Mandela succède à Tambo à la direction de l’ANC en 1991. Il mène les négociations ouvertes avec le Parti National de Frederik de Klerk et négocie la sortie de l’apartheid. L’apartheid est abolie en juin 1991, une abolition totalement validée en mars 1992 par les « blancs » avec l’ensemble des réformes constitutionnelles négociées.

En décembre 1993, Frederik de Klerk et Nelson Mandela se voient tous deux attribuer le Prix Nobel de la paix.

Le 27 avril 1994, les premières élections multiraciales de l’histoire du pays donnent une nette victoire à l’ANC (65%). Le président du parti, Nelson Mandela, est élu président de la république par le nouveau parlement alors que sept provinces sur neuf sont remportées par l’ANC. Il sera président jusqu’en 1999, il ne se représentera pas pour un nouveau mandat.

- Mais alors pourquoi ce titre : « La trahison d’un héros » ?

Au vu de sa biographie, tout laisse à croire que son titre de héros est mérité et je ne le nie pas, Mandela fut un grand homme qui a combattu pour une cause noble mais il suffit de voir le constat de ce qu’est l’Afrique du Sud aujourd’hui pour comprendre sa trahison.
Le constat d’aujourd’hui est qu’après seize ans de démocratie, l’Afrique du Sud est championne du monde de l’inégalité : la population noire, qui représente 80% de la population, contrôle à peine 5% des richesses. Seule une infime partie (3%) des terres arables détenues par les fermiers blancs (87%) ont été transférées aux Noirs, depuis 1994. Nous voilà bien loin des promesses d’égalité.
La conclusion est sans appel, l’ordre économique n’a jamais été remis en cause et la remise en cause de l’ ordre racial n’a permis qu’à une petite minorité de noir de s’embourgeoiser et de rejoindre les grands bourgeois blancs dans la défense de leur intérêts sociaux.

Mandela est devenu le héros des élites capitalistes à travers le monde (son unanimité vient de là, imposé par l’idéologie des médias à leurs mains) car il n’a pas touché à leur bourse, il a laissé l’Afrique du Sud continuer dans une fuite en avant vers le capitalisme mondialisé le plus violent possible pour le pauvre peuple…
S’il n’a jamais donné les détails des négociations qui ont précédé sa libération, c’est sûrement parce qu’il a accepté de vendre (par consentement ou méconnaissance du sujet) son combat, sa légitimité et son peuple aux pires requins capitalistes et financiers en contrepartie de la fin de l’ordre racial. On ne peut pas effacer des décennies d’inégalités sociales basées sur des différences raciales, dans un modèle de société capitaliste… c’est un non sens absolu sachant que le capitalisme crée de plus en plus d’inégalités. Il aurait fallu imposer une société socialiste et juste, où c’est le peuple qui jouit de la richesse tirée de la valeur ajoutée pour en faire profiter l’ensemble des sud-africains à l’image du Venezuela d’Hugo Chavez (qui lui est diabolisé en occident… car il touche là où ça fait mal).
Soyons clair, en finalité Mandela n’est pas Lumumba ou Sankara qui eux ont été tués pour leur politique en faveur du peuple qui les a élu en dépit des intérêts des requins capitalistes et impérialistes. L’Afrique du Sud de Mandela c’est devenu des noirs qui tirent sur d’ autres noirs, des noirs qui vivent dans une misère encore plus forte que sous l’apartheid (au point de regretter cette époque) et des fermiers blancs assassinés.

La fin de l’apartheid est une arnaque pour le peuple sud-africain.

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 16:23

SCANDALE EN  FRANCE. Selon une presse anglaise (UNITED SPORT)  le championnat de France a été truque. Selon cette presse le LNF aurait permit a Montpellier de gagner le championnat devant le PSG .cette presse cite arbitrage qui avantage Montpellier, entente entre club, qui aurait même été su lors de l'interview d'un joueur lors d'un match qui avait déclare être favorable a la victoire final de Montpellier avant même de jouer le lendemain contre ce Montpellier. Chose inamissible pour l'éthique du championnat. Comment un joueur peut souhaiter que l'équipe contre qui il va jouer demain soi champion ou est la motivation. Selon toujours cette presse, la LNF aurait déstabilisé le PSG .cette presse a cite des sources proche du conseiller d'un président de club qui siège  au sein de la LNF

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 17:49

L’attaque médiatique et militaire à l’encontre de la Syrie est directement liée à la compétition mondiale pour l’énergie, ainsi que l’explique le professeur Imad Shuebi dans l’article magistral que nous publions. À un moment où la zone euro menace de s’effondrer, où une crise économique aiguë a conduit les États-Unis à s’endetter à hauteur de 14 940 milliards de dollars, et où leur influence s’amenuise face aux puissances émergentes du BRICS, il devient clair que la clé de la réusite économique et de la dominance politique réside principalement dans le contrôle de l’énergie du 21ème siècle : le gaz. C’est parce qu’elle se trouve au cœur de la plus colossale réserve de gaz de la planète que la Syrie est prise pour cible. Les guerre du siècle dernier étaient celles du pétrole, mais une nouvelle ère commence, celle des guerres du gaz.

 

Avec la chute de l’Union soviétique, les Russes ont réalisé que la course à l’armement les avait épuisés, surtout en l’absence des approvisionnements d’énergie nécessaires à tout pays industrialisé. Au contraire, les USA avaient pu se développer et décider de la politique internationale sans trop de difficultés grâce à leur présence dans les zones pétrolières depuis des décennies. C’est la raison pour laquelle les Russes décidèrent à leur tour de se positionner sur les sources d’énergie, aussi bien pétrole que gaz. Considérant que le secteur pétrolier, vu sa répartition internationale, n’offrait pas de perspectives, Moscou misa sur le gaz, sa production, son transport et sa commercialisation à grande échelle.

Le coup d’envoi fut donné en 1995, lorsque Vladimir Poutine mis en place la stratégie de Gazprom : partir des zones gazières de la Russie vers l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, l’Iran (pour la commercialisation), jusqu’au Proche-Orient. Il est certain que les projets Nord Stream etSouth Stream témoigneront devant l’Histoire du mérite et des efforts de Vladimir Poutine pour ramener la Russie dans l’arène internationale et peser sur l’économie européenne puisqu’elle dépendra, durant des décennies à venir, du gaz comme alternative ou complément du pétrole, avec cependant une nette priorité pour le gaz. À partir de là, il devenait urgent pour Washington de créer le projet concurrent Nabucco, pour rivaliser avec les projets russes et espérer jouer un rôle dans ce qui va déterminer la stratégie et la politique pour les cents prochaines années.

Le fait est que le gaz sera la principale source d’énergie du 21ème siècle, à la fois comme alternative à la baisse des réserves mondiales de pétrole, et comme source d’énergie propre. Par conséquent, le contrôle des zones gazières du monde par les anciennes et les nouvelles puissance est à la base d’un conflit international dont les manifestation sont régionales.

De toute évidence, la Russie a bien lu les cartes et a bien retenu la leçon du passé, car c’est le manque de contrôle au niveau des ressources énergétiques globales, indispensables à l’injection de capital et d’énergie dans la structure industrielle, qui fut à l’origine de l’effondrement de l’Union Soviétique. De même la Russie a assimilé que le gaz serait la ressource énergétique du siècle à venir.

 

Historique du grand jeu gazier

Une première lecture de la carte du gaz révèle que celui-ci est localisé dans les régions suivantes, en termes de gisements et d’accès aux zones de consommation : 
1. Russie : Vyborg et Beregvya 
2. Annexé à la Russie : Turkménistan 
3. Environs plus ou moins immédiats de la Russie : Azerbaïdjan et Iran 
4. Pris à la Russie : Géorgie 
5. Méditerranée orientale : Syrie et Liban 
6. Qatar et Égypte.

Moscou s’est hâté de travailler sur deux axes stratégiques : le premier est la mise en place d’un projet sino-russe à long terme s’appuyant sur la croissance économique du Bloc de Shanghai ; le deuxième visant à contrôler les ressources de gaz. C’est ainsi que furent jetées les bases des projets South Stream et Nord Stream, faisant face au projet étasunien Nabucco, soutenu par l’Union européenne, qui visait le gaz de la mer Noire et de l’Azerbaïdjan. S’ensuivit entre ces deux initiatives une course stratégique pour le contrôle de l’Europe et des ressources en gaz.

Pour la Russie :

Le projet Nord Stream relie directement la Russie à l’Allemagne en passant à travers la mer Baltique jusqu’à Weinberg et Sassnitz, sans passer par la Biélorussie.

Le projet South Stream commence en Russie, passe à travers la la mer Noire jusqu’à la Bulgarie et se divise entre la Grèce et le sud de l’Italie d’une part, et la Hongrie et l’Autriche d’autre part.

Pour les États-Unis :

Le projet Nabucco part d’Asie centrale et des environs de la Mer Noire, passe par la Turquie où se situent les infrastructures de stockage, puis parcours la Bulgarie, traverse la Roumanie, la Hongrie, arrive en Autriche et de là se dirige vers la République Tchèque, la Croatie, la Slovénie et l’Italie. Il devait à l’origine passer en Grèce, mais cette idée avait été abandonnée sous la pression turque.

Nabucco était censé concurrencer les projets russes. Initialement prévu pour 2014, il a dû être repoussé à 2017 en raison de difficultés techniques. À partir de là, la bataille du gaz a tourné en faveur du projet russe, mais chacun cherche toujours à étendre son projet à de nouvelles zones.

Cela concerne d’une part le gaz iranien, que les États-Unis voulaient voir venir renforcer le projet Nabucco en rejoignant le point de groupage de Erzurum, en Turquie ; et de l’autre le gaz de la Méditerranée orientale : Syrie, Liban, Israël.

Or en juillet 2011, l’Iran a signé divers accords concernant le transport de son gaz via l’Irak et la Syrie. Par conséquent, c’est désormais la Syrie qui devient le principal centre de stockage et de production, en liaison avec les réserves du Liban. C’est alors un tout nouvel espace géographique, stratégique et énergétique qui s’ouvre, comprenant l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban. Les entraves que ce projet subit depuis plus d’un an donnent un aperçu du niveau d’intensité de la lutte qui se joue pour le contrôle de la Syrie et du Liban. Elles éclairent du même coup le rôle joué par la France, qui considère la Méditerranée orientale comme sa zone d’influence historique, devant éternellement servir ses intérêts, et où il lui faut rattraper son absence depuis la Seconde Guerre mondiale. En d’autres termes, la France veut jouer un rôle dans le monde du gaz où elle a acquis en quelque sorte une « assurance maladie » en Libye et veut désormais une « assurance-vie » à travers la Syrie et le Liban.

Quant à la Turquie, elle sent qu’elle sera exclue de cette guerre du gaz puisque le projet Nabucco est retardé et qu’elle ne fait partie d’aucun des deux projets South Stream et Nord Stream ; le gaz de la Méditerranée orientale semble lui échapper inexorablement à mesure qu’il s’éloigne de Nabucco.

 

L’axe Moscou-Berlin

Pour ses deux projets, Moscou a créé la société Gazprom dans les années 1990. L’Allemagne, qui voulait se libérer une fois pour toutes des répercussions de la Seconde Guerre mondiale, se prépara à en être partie prenante ; que ce soit en matière d’installations, de révision du pipeline Nord, ou de lieux de stockage pour la ligne South Stream au sein de sa zone d’influence, particulièrement en Autriche.

La société Gazprom a été fondée avec la collaboration de Hans-Joachim Gornig, un allemand proche de Moscou, ancien vice-président de la compagnie allemande de pétrole et de gaz industriels qui a supervisé la construction du réseau de gazoducs de la RDA. Elle a été dirigée jusqu’en octobre 2011 par Vladimir Kotenev, ancien ambassadeur de Russie en Allemagne.

Gazprom a signé nombre de transactions avec des entreprises allemandes, au premier rang desquelles celles coopérant avec Nord Stream, tels les géants E.ON pour l’énergie et BASF pour les produits chimiques ; avec pour E.ON des clauses garantissant des tarifs préférentiels en cas de hausse des prix, ce qui revient en quelque sorte à une subvention « politique » des entreprises du secteur énergétique allemand par la Russie.

Moscou a profité de la libéralisation des marchés européens du gaz pour les contraindre à déconnecter les réseaux de distribution des installations de production. La page des affrontements entre la Russie et Berlin étant tournée, débuta alors une phase de coopération économique basée sur l’allégement du poids de l’énorme dette pesant sur les épaules de l’Allemagne, celle d’une Europe surendettée par le joug étasunien. Une Allemagne qui considère que l’espace germanique (Allemagne, Autriche, République Tchèque, Suisse) est destiné à devenir le cœur de l’Europe, mais n’a pas à supporter les conséquences du vieillissement de tout un continent, ni celle de la chute d’une autre superpuissance.

Les initiatives allemandes de Gazprom comprennent le joint-venture de Wingas avec Wintershall, une filiale de BASF, qui est le plus grand producteur de pétrole et de gaz d’Allemagne et contrôle 18 % du marché du gaz. Gazprom a donné à ses principaux partenaires allemands des participations inégalées dans ses actifs russes. Ainsi BASF et E.ON contrôlent chacune près d’un quart des champs de gaz Loujno-Rousskoïé qui alimenteront en grande partie Nord Stream ; et ce n’est donc pas une simple coïncidence si l’homologue allemand de Gazprom, appelé « le Gazprom germanique », ira jusqu’à posséder 40 % de la compagnie autrichienne Austrian Centrex Co, spécialisée dans le stockage du gaz et destinée à s’étendre vers Chypre.

Une expansion qui ne plait certainement pas à la Turquie qui a cruellement besoin de sa participation au projet Nabucco. Elle consisterait à stocker, commercialiser, puis transférer 31 puis 40 milliards de m³ de gaz par an ; un projet qui fait qu’Ankara est de plus en plus inféodé aux décisions de Washington et de l’OTAN, d’autant plus que son adhésion à l’Union européenne a été rejetée à plusieurs reprises.

Les liens stratégiques liés au gaz déterminent d’autant plus la politique que Moscou exerce un lobbying sur le Parti social-démocrate allemand en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, base industrielle majeure et centre du conglomérat allemand RWE, fournisseur d’électricité et filiale d’E.ON.

Cette influence a été reconnue par Hans-Joseph Fell, responsable des politiques énergétiques chez les Verts. Selon lui quatre sociétés allemandes liées à la Russie jouent un rôle majeur dans la définition de la politique énergétique allemande. Elles s’appuient sur le Comité des relations économiques de l’Europe de l’Est —c’est-à-dire sur des entreprises en contact économique étroit avec la Russie et les pays de l’ex Bloc soviétique—, qui dispose d’un réseau très complexe d’influence sur les ministres et l’opinion publique. Mais en Allemagne, la discrétion reste de mise quant à l’influence grandissante de la Russie, partant du principe qu’il est hautement nécessaire d’améliorer la « sécurité énergétique » de l’Europe.

Il est intéressant de souligner que l’Allemagne considère que la politique de l’Union européenne pour résoudre la crise de l’euro pourrait à terme gêner les investissements germano-russes. Cette raison, parmi d’autres, explique pourquoi elle traine pour sauver l’euro plombé par les dettes européennes, alors même que le bloc germanique pourraient, à lui seul, supporter ces dettes. De plus, à chaque fois que les Européens s’opposent à sa politique vis-à-vis de la Russie, elle affirme que les plans utopiques de l’Europe ne sont pas réalisables et pourraient pousser la Russie à vendre son gaz en Asie, mettant en péril la sécurité énergétique européenne.

Ce mariage des intérêts germano-russes s’est appuyé sur l’héritage de la Guerre froide, qui fait que trois millions de russophones vivent en Allemagne, formant la deuxième plus importante communauté après les Turcs. Poutine était également adepte de l’utilisation du réseau des anciens responsables de la RDA, qui avaient pris soin des intérêts des compagnies russes en Allemagne, sans parler du recrutement d’ex-agents de la Stasi. Par exemple, les directeurs du personnel et des finances de Gazprom Germania, ou encore le directeur des finances du Consortium Nord Stream, Warnig Matthias qui, selon leWall Street Journal, aurait aidé Poutine à recruter des espions à Dresde lorsqu’il était jeune agent du KGB. Mais il faut le reconnaitre, l’utilisation par la Russie de ses anciennes relations n’a pas été préjudiciable à l’Allemagne, car les intérêts des deux parties ont été servis sans que l’une ne domine l’autre.

Le projet Nord Stream, le lien principal entre la Russie et l’Allemagne, a été inauguré récemment par un pipeline qui a coûté 4,7 milliards d’euros. Bien que ce pipeline relie la Russie et l’Allemagne, la reconnaissance par les Européens qu’un tel projet garantissait leur sécurité énergétique a fait que la France et la Hollande se sont hâtées de déclarer qu’il s’agissait bien là d’un projet « européen ». À cet égard, il est bon de mentionner que M. Lindner, directeur exécutif du Comité allemand pour les relations économiques avec les pays de l’Europe de l’Est a déclaré, sans rire, que c’était bien « un projet européen et non pas allemand, et qu’il n’enfermerait pas l’Allemagne dans une plus grande dépendance vis-à-vis de la Russie ». Une telle déclaration souligne l’inquiétude que suscite l’accroissement de l’influence Russe en l’Allemagne ; il n’en demeure pas moins que le projetNord Stream est structurellement un plan moscovite et non pas européen.

Les Russes peuvent paralyser la distribution de l’énergie en Pologne dans plusieurs pays comme bon leur semblent, et seront en mesure de vendre le gaz au plus offrant. Toutefois, l’importance de l’Allemagne pour la Russie réside dans le fait qu’elle constitue la plate-forme à partir de laquelle elle va pouvoir développer sa stratégie continentale ; Gazprom Germania détenant des participations dans 25 projets croisés en Grande-Bretagne, Italie, Turquie, Hongrie et d’autres pays. Cela nous amène à dire que Gazprom – après un certain temps – est destinée à devenir l’une des plus importantes entreprises au monde, sinon la plus importante.

 

Dessiner une nouvelle carte de l’Europe, puis du monde

 

Les dirigeants de Gazprom ont non seulement développé leur projet, mais ils ont aussi fait en sorte de contrer Nabucco. Ainsi, Gazprom détient 30 % du projet consistant à construire un deuxième pipeline vers l’Europe suivant à peu près le même trajet que Nabucco ce qui est, de l’aveu même de ses partisans, un projet « politique » destiné à montrer sa force en freinant, voire en bloquant le projet Nabucco. D’ailleurs Moscou s’est empressé d’acheter du gaz en Asie centrale et en mer Caspienne dans le but de l’étouffer, et de ridiculiser Washington politiquement, économiquement et stratégiquement par la même occasion.

Gazprom exploite des installations gazières en Autriche, c’est-à-dire dans les environs stratégiques de l’Allemagne, et loue aussi des installations en Grande-Bretagne et en France. Toutefois, ce sont les importantes installations de stockage en Autriche qui serviront à redessiner la carte énergétique de l’Europe, puisqu’elles alimenteront la Slovénie, la Slovaquie, la Croatie, la Hongrie, l’Italie et l’Allemagne. À ces installations, il faut ajouter le centre de stokage de Katrina, que Gazprom construit en coopération avec l’Allemagne, afin de pouvoir exporter le gaz vers les grands centres de consommation de l’Europe de l’ouest.

Gazprom a mis en place une installation commune de stockage avec la Serbie afin de fournir du gaz à la Bosnie-Herzégovine et à la Serbie elle-même. Des études de faisabilité ont été menées sur des modes de stockage similaires en République Tchèque, Roumanie, Belgique, Grande-Bretagne, Slovaquie, Turquie, Grèce et même en France. Gazprom renforce ainsi la position de Moscou, fournisseur de 41 % des approvisionnements gaziers européens. Ceci signifie un changement substantiel dans les relations entre l’Orient et l’Occident à court, moyen et long terme. Cela annonce également un déclin de l’influence états-unienne, par boucliers antimissiles interposés, voyant l’établissement d’une nouvelle organisation internationale, dont le gaz sera le pilier principal. Enfin cela explique l’intensification du combat pour le gaz de la côte Est de la Méditerranée au Proche-Orient.

 

Nabucco et la Turquie en difficulté

Nabucco devait acheminer du gaz sur 3 900 kilomètres de la Turquie vers l’Autriche et était conçu pour fournir 31 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an depuis le Proche-Orient et le bassin caspien vers les marchés européens. L’empressement de la coalition Otan-États-unis-France à mettre fin aux obstacles qui s’élevaient contre ses intérêts gaziers au Proche-Orient, en particulier en Syrie et au Liban, réside dans le fait qu’il est nécessaire de s’assurer la stabilité et la bienveillance de l’environnement lorsqu’il est question d’infrastructures et d’investissement gaziers. La réponse syrienne fût de signer un contrat pour transférer vers son territoire le gaz iranien en passant par l’Irak. Ainsi, c’est bien sur le gaz syrien et libanais que se focalise la bataille, alimentera t-ilNabucco ou South Stream ?

Le consortium Nabucco est constitué de plusieurs sociétés : allemande (REW), autrichienne (OML), turque (Botas), bulgare (Energy Company Holding), et roumaine (Transgaz). Il y a cinq ans, les coûts initiaux du projet étaient estimées à 11,2 milliards de dollars, mais ils pourraient atteindre 21,4 milliards de dollars d’ici 2017. Ceci soulève de nombreuses questions quant à sa viabilité économique étant donné que Gazprom a pu conclure des contrats avec différentes pays qui devaient alimenterNabucco, lequel ne pourrait plus compter que sur les excédents du Turkménistan, surtout depuis les tentatives infructueuses de mainmise sur le gaz iranien. C’est l’un des secrets méconnus de la bataille pour l’Iran, qui a franchi la ligne rouge dans son défi aux USA et à l’Europe, en choisissant l’Irak et la Syrie comme trajets de transport d’une partie de son gaz.

Ainsi, le meilleur espoir de Nabucco demeure dans l’approvisionnement en gaz d’Azerbaïdjan et le gisement Shah Deniz, devenu presque la seule source d’approvisionnement d’un projet qui semble avoir échoué avant même d’avoir débuté. C’est ce que révèle l’accélération des signatures de contrats passés par Moscou pour le rachat de sources initialement destinées àNabucco, d’une part, et les difficultés rencontrées pour imposer des changements géopolitiques en Iran, en Syrie et au Liban d’autre part. Ceci au moment où la Turquie s’empresse de réclamer sa part du projet Nabucco, soit par la signature d’un contrat avec l’Azerbaïdjan pour l’achat de 6 milliards de mètres cubes de gaz en 2017, soit par l’annexion de la Syrie et du Liban avec l’espoir de faire obstacle au transit du pétrole iranien ou de recevoir une part de la richesse gazière libano-syrienne. Apparemment une place dans le nouvel ordre mondial, celui du gaz ou d’autre chose, passe par rendre un certain nombre de service, allant de l’appui militaire jusqu’à l’hébergement du dispositif stratégique de bouclier antimissiles.

Ce qui constitue peut-être la principale menace pourNabucco, c’est la tentative russe de le faire échouer en négociant des contrats plus avantageux que les siens en faveur de Gazprom pour North Stream et South Stream ; ce qui invaliderait les efforts des États-Unis et de l’Europe, diminuerait leur influence, et bousculerait leur politique énergétique en Iran et/ou en Méditerranée. En outre, Gazprom pourrait devenir l’un des investisseurs ou exploitants majeurs des nouveaux gisements de gaz en Syrie ou au Liban. Ce n’est pas par hasard que le 16 août 2011, le ministère syrien du Pétrole à annoncé la découverte d’un puits de gaz à Qara, près de Homs. Sa capacité de production serait de 400 000 mètres cubes par jour (146 millions de mètres cubes par an), sans même parler du gaz présent dans la Méditerranée.

Les projets Nord Stream et South Stream ont donc réduit l’influence politique étasunienne, qui semble désormais à la traîne. Les signes d’hostilité entre les États d’Europe centrale et la Russie se sont atténués ; mais la Pologne et les États-Unis ne semblent pas disposés à renoncer. En effet, fin octobre 2011, ils ont annoncé le changement de leur politique énergétique suite à la découverte de gisements de charbon européens qui devraient diminuer la dépendance vis-à-vis de la Russie et du Proche-Orient. Cela semble être un objectif ambitieux mais à long terme, en raison des nombreuses procédures nécessaires avant commercialisation ; ce charbon correspondant à des roches sédimentaires trouvées à des milliers de mètres sous terre et nécessitant des techniques de fracturation hydraulique sous haute pression pour libérer le gaz, sans compter les risques environnementaux.

 

Participation de la Chine

La coopération sino-russe dans le domaine énergétique est le moteur du partenariat stratégique entre les deux géants. Il s’agit, selon les experts, de la « base » de leur double véto réitéré en faveur de la Syrie.

Cette coopération ne concerne pas seulement l’approvisionnement de la Chine à des conditions préférentielles. La Chine est amenée à s’impliquer directement dans la distribution du gaz via l’acquisition d’actifs et d’installations, en plus d’un projet de contrôle conjoint des réseaux de distribution. Parallèlement, Moscou affiche sa souplesse concernant le prix du gaz, sous réserve d’être autorisé à accéder au très profitable marché intérieur chinois. Il a été convenu, par conséquent, que les experts russes et chinois travailleraient ensemble dans les domaines suivants : « La coordination des stratégies énergétiques, la prévision et la prospection, le développement des marchés, l’efficacité énergétique, et les sources d’énergie alternative ».

D’autres intérêts stratégiques communs concernent les risques encourus face au projet du « bouclier antimissiles » US. Non seulement Washington a impliqué le Japon et la Corée du Sud mais, début septembre 2011, l’Inde a aussi été invitée à en devenir partenaire. En conséquence, les préoccupations des deux pays se croisent au moment où Washington relance sa stratégie en Asie centrale, c’est-à-dire, sur la Route de la soie. Cette stratégie est la même que celle lancée par George Bush (projet de Grande Asie centrale) pour y faire reculer l’influence de la Russie et de la Chine en collaboration avec la Turquie, résoudre la situation en Afghanistan d’ici 2014, et imposer la force militaire de l’OTAN dans toute la région. L’Ouzbékistan a déjà laissé entendre qu’il pourrait accueillir l’OTAN, et Vladimir Poutine a estimé que ce qui pourrait déjouer l’intrusion occidentale et empêcher les USA de porter atteinte à la Russie serait l’expansion de l’espace Russie-Kazakhtan-Biélorussie en coopération avec Pékin.

Cet aperçu des mécanismes de la lutte internationale actuelle permet de se faire une idée du processus de formation du nouvel ordre international, fondé sur la lutte pour la suprématie militaire et dont la clé de voute est l’énergie, et en premier lieu le gaz.

 

Le gaz de la Syrie

Quand Israël a entrepris l’extraction de pétrole et de gaz à partir de 2009, il était clair que le bassin Méditerranéen était entré dans le jeu et que, soit la Syrie serait attaquée, soit toute la région pourrait bénéficier de la paix, puisque le 21ème siècle est supposé être celui de l’énergie propre.

Selon le Washington Institute for Near East Policy (WINEP, le think tank de l’AIPAC), le bassin méditerranéen renferme les plus grandes réserves de gaz et c’est en Syrie qu’il y aurait les plus importantes. Ce même institut a aussi émis l’hypothèse que la bataille entre la Turquie et Chypre allait s’intensifier du fait de l’incapacité Turque à assumer la perte du projet Nabucco (malgré le contrat signé avec Moscou en décembre 2011 pour le transport d’une partie du gaz de South Stream via la Turquie).

La révélation du secret du gaz syrien fait prendre conscience de l’énormité de l’enjeu à son sujet. Qui contrôle la Syrie pourrait contrôler le Proche-Orient. Et à partir de la Syrie, porte de l’Asie, il détiendra « la clé de la Maison Russie », comme l’affirmait la Tsarine Catherine II, ainsi que celle de la Chine, via la Route de la soie. Ainsi, il serait en capacité de dominer le monde, car ce siècle est le Siècle du Gaz.

C’est pour cette raison que les signataires de l’accord de Damas, permettant au gaz iranien de passer à travers l’Irak et d’accéder à la Méditerranée, ouvrant un nouvel espace géopolitique et coupant la ligne de vie de Nabucco, avaient déclaré « La Syrie est la clé de la nouvelle ère ».

 

 

 

 

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Published by enricpatrick - dans article en français
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